22/09/2011

J-31 : Les Verts au féminin

Hormis l’exception (durable ?) du Conseil fédéral, notre classe politique reste très largement dominée par les hommes. La Suisse est à la traîne quant à la représentation des femmes dans les instances dirigeantes, qu’elles soient privées ou publiques. Les Verts, nous sommes connus pour avoir toujours défendu l’idée d’une répartition plus équitable des tâches entre hommes et femmes au sein de la société. Hier, nous étions en nombre devant le palais fédéral – candidates et candidats au Conseil national – pour rappeler l’importance d’une forte implication des femmes en politique.

D’abord, le compte-rendu de la veille et le programme de la journée :

Le programme du jour : pas de séance politique aujourd’hui…

Le récit de la veille : Action « Les Verts au féminin » à Berne en début d’après-midi puis séance du comité de campagne

  • Nombre de courriels concernant la politique : 55
  • Nombre de téléphones concernant la politique : 1
  • Nombre d’heures consacrées à la politique : 8

Les Verts au féminin

Hier, nous étions une bonne vingtaine de candidates et candidats des Verts et des Jeunes Vert-e-s au Conseil national sur la place fédérale. Le groupe thématique « égalité » des Verts vaudois, sous la houlette de ma collègue et colistière Sandrine Bavaud, avait préparé un tract rappelant les « idées vertes » au féminin.

Voici, en vrac, quelques revendications des Verts au sujet de l’égalité entre hommes et femmes. Ces demandes devraient être des évidences, mais elles ont pourtant de la peine à s’imposer dans la Berne fédérale masculine et conservatrice :

  • Des horaires de travail permettant aux hommes et aux femmes de concilier vie professionnelle, vie de famille et engagements citoyens
  • Un congé parental payé
  • Des structures d’accueil en suffisance pour la garde des enfants
  • Des mesures volontaristes permettant d’éradiquer les différences salariales entre hommes et femmes occupant des fonctions semblables
  • Une imposition individuelle indépendante de l’état civil
  • Une réforme du droit du nom de famille permettant de mettre fin aux discriminations actuelles
  • Une formation continue ou une réorientation professionnelle facilitée pour les femmes après la maternité
  • L’autorité parentale conjointe comme règle pour les couples divorcés ou non mariés

Pour l’occasion, nous avions fait confectionner des t-shirts « Les Verts au féminin ». Le résultat en images :


21/09/2011

J-25 : Débat de hier soir : petit exercice d’autocritique

"Blog-notes" de campagne: http://raphael.mahaim.ch

Hier soir, j’ai « croisé le fer » dans un débat à Rolle avec un candidat UDC au Conseil national sur le thème « La Côte en plein boom : quels défis, quelles solutions? ». Organisée par les Verts de Rolle, la soirée était un succès puisque près de 40 personnes sont venues y assister; les discussions étaient nourries et passionnées. Ceci ne m’empêche pas de ne pas être entièrement satisfait de ma « prestation ». Petit exercice d’autocritique à « cœur ouvert ».

D’abord, le compte-rendu de la veille et le programme de la journée :

Le programme du jour : à 6h30, nième séance du bureau des Verts VD consacrée à la question de l’élection complémentaire au Conseil d’Etat VD – puis journée de travail normale

Le récit de la veille: Journée marathon assez terrible, avec des séances politiques à Lausanne sans interruption de 7h00 à 18h30, puis un débat à Rolle de 20h00 à 22h30 !

  • Nombre de courriels concernant la politique : 60
  • Nombre de téléphones concernant la politique : 5
  • Nombre d’heures consacrées à la politique : 14

Débat de hier soir : petit exercice d’autocritique

Les Verts de Rolle ont eu la bonne idée d’organiser un débat en terre rolloise au sujet des thèmes de politique fédérale qui touchent les habitants de la région : logement, aménagement du territoire, vivre ensemble, transports, etc. J’étais opposé à Nicolas Daïna, un ancien député libéral au Grand Conseil désormais candidat au Conseil national pour les couleurs de l’UDC.

Il est inutile de préciser que nous ne sommes pas souvent tombés d’accord. A mes propositions de renforcer l’arsenal de lutte contre le mitage du territoire et l’étalement urbain, N. Daïna répondait que les instruments actuels suffisent et qu’il convient d’éviter toute contrainte supplémentaire pour les propriétaires fonciers. Aux propositions de l’UDC pour lutter contre la prétendue « immigration de masse », je répondais que la logique des « boucs émissaires » rendant les étrangers responsables de tous les maux dont souffre la Suisse est indigne de notre Etat de droit et de notre démocratie. S’agissant du logement, je défendais une vision volontariste du rôle des collectivités publiques pour lutter contre la pénurie et les loyers abusifs. Mon contradicteur refusait toute intervention de l’Etat et s’en remettait à la « sagesse » des promoteurs immobiliers dont l’action serait aujourd’hui entravée par les services cantonaux.

Chacun des deux intervenants a pu présenter les grandes lignes défendues par son parti ; la discussion avec le public a été riche et nourrie. Il n’en reste pas moins que je reste pour ma part un peu sur ma faim. Malgré les retours positifs que j’ai eus après le débat, j’ai le sentiment d’avoir souvent eu de la peine à « captiver » le public comme je l’aurais souhaité. Difficile de dire à quoi cela tient. Parfois on a la conviction d’avoir été très percutant, d’autres fois on est moins convaincu de sa prestation. Et – faut-il le préciser – cette impression personnelle ne correspond pas toujours à la perception du public.

Tout d’abord, je suis trop longtemps resté cantonné au niveau conceptuel. Il aurait fallu quitter les grandes discussions sur les enjeux nationaux de la politique d’aménagement du territoire pour aborder davantage les préoccupations quotidiennes des habitants de la région. Faire le lien de manière intelligible et simple entre une politique publique complexe et ses implications concrètes sur le terrain n’est pas chose aisée. C’est un art très difficile que peu d’élus politiques maîtrisent.

Je regrette ensuite de n’avoir pas su ajouter une touche d’humour dans ce débat resté très cordial mais assez froid. L’humour est une « arme » redoutable si l’on s’y prend avec finesse et esprit d’à-propos. Cela contribue à détendre l’atmosphère toute en cultivant une image sympathique. Objectif manqué hier soir.

Je crois également avoir manqué une occasion de montrer en quoi nous, les Verts, tentons de faire de la politique autrement. Il aurait fallu parler de l’importance de penser à long terme, d’anticiper les changements technologiques et sociétaux plutôt que de les subir, de prendre nos responsabilités pour assurer un avenir viable à nos enfants, etc. Objectif également manqué : l’observateur extérieur devait avoir l’impression d’avoir en face de lui deux politiciens servant un « refrain de catéchisme » des idées défendues par leur parti respectif. La marque de fabrique des Verts – ce qui fait notre spécificité et notre force – n’a pas assez été mise en avant.

C’est un classique : après un débat, je me dis bien souvent que j’aurais dû dire les choses différemment, intervenir sur d’autres sujets, répondre d’une autre manière à mon contradicteur, etc. On est « toujours plus intelligent après », c’est bien connu... Mais ce qui est fait est fait! Il faut simplement s'en souvenir pour tenter de faire mieux la prochaine fois!

16/09/2011

J-37 : Les Verts pourront-ils bientôt fermer boutique ?

"Blog-notes" de campagne: http://raphael.mahaim.ch

Hier à l’occasion d’un débat à Nyon entre candidats aux élections fédérales, nous avons beaucoup parlé de politique énergétique. Chaque intervenant – tous partis confondus – n’avait presque qu’un seul mot à la bouche : « énergies renouvelables ». Les Verts pourront-ils bientôt fermer boutique ?

D’abord, le compte-rendu de la veille et le programme de la journée :

Le programme du jour et du week-end : vendredi : hormis le boulot habituel, une séance extraordinaire du bureau des Verts vaudois – samedi : marché à Nyon le matin avec les Verts de La Côte – dimanche : repos en famille – lundi sera une journée de boulot, le canton de Fribourg ne comptant pas le lundi du Jeûne comme un férié.

Le récit de la veille : beaucoup de travail pour préparer les prochaines actions de campagne – débat à Nyon le soir avec d’autres candidates et candidats aux élections fédérales

  • Nombre de courriels concernant la politique : 75
  • Nombre de téléphones concernant la politique : 2
  • Nombre d’heures consacrées à la politique : 6

Les Verts pourront-ils bientôt fermer boutique ?

En période électorale, plus aucun parti – à la notable exception de l’UDC – ne fait l’économie de promesses en matière de politique environnementale. Suite à la tragédie nucléaire de Fukushima, c’est en particulier sur la politique énergétique et les énergies renouvelables que toute l’attention se focalise. Le front anti-nucléaire et favorable aux énergies renouvelables s’est sensiblement élargi ces derniers mois. En soi, c’est une excellente chose qui montre à quel point les idées vertes ont percolé dans l’ensemble du champ politique ces dernières années. Pour les Verts, c’est un motif de satisfaction immense de voir que nous ne prêchons désormais plus dans le désert…

Sauf que, bien évidemment, les choses sont un peu moins « vertes » qu’il n’y paraît. Au lendemain des élections, de nombreuses promesses faites tombent dans l’oubli. Il suffit pour s’en convaincre de jeter un coup d’œil aux « éco-ratings » établis par les associations de protection de l’environnement au sujet des votes des parlementaires à Berne. Pour l’immense majorité des parlementaires fédéraux, le taux de concordance avec les positions des associations de protection de l’environnement est extrêmement réduit. En clair : il y a un fossé considérable entre les positions affichées et les votes au Parlement, là où les décisions se prennent concrètement.

Plus généralement, les Verts se battent pour faire de la politique autrement. Nous vivons une ère de déséquilibres majeurs : déséquilibre climatique, déséquilibre économique, déséquilibre social, déséquilibre énergétique, etc. L’être humain se comporte de manière totalement irresponsable, comme un prédateur sans foi ni loi : il puise dans le capital de ressources, consomme et ne se préoccupe pas des déchets ainsi produits. Notre société vit au-dessus de ses moyens. Nous dilapidons la fortune que nous devrions pourtant pouvoir transmettre intacte aux générations suivantes.

Les Verts, nous demandons un changement complet de perspective. Nous voulons une politique qui fasse abstraction du court terme pour mieux prendre en compte les enjeux du long terme. Nous voulons que l’intérêt général prime les intérêts sectoriels et particuliers. Nous voulons rompre avec le mythe productiviste d’une croissance purement quantitative : il faut faire mieux avec moins.

Cette transformation écologiste de la politique est un travail de longue haleine. Aujourd’hui, notre projet est encore bien souvent accueilli par des sourires polis et des hochements de tête sceptiques. Il faudra du temps, beaucoup de temps, avant de voir aboutir ce changement de perspective. Nous sommes très éloignés du jour où nous pourrons fermer boutique…