04/03/2014

L’UDC et les suites du 9 février: vous avez dit responsables?

C’est absolument invraisemblable de voir comme l’UDC vaudoise ne sait pas que faire des conséquences du vote du 9 février, qui frappent de plein fouet la jeune génération – étudiants et apprentis – et la recherche, fleuron suisse par excellence (Petit écho de la séance du Grand Conseil de ce jour, mardi 4 mars 2014).

Au vote sur une excellente résolution parlementaire de mon collègue Nicolas Rochat Fernandez au Grand Conseil aujourd’hui concernant Erasmus et Horizon 2020, le groupe UDC s’est abstenu. L’UDC n’assume plus rien; elle ne sait que rejeter la responsabilité de ses actes sur d’autres, comme un conjoint aigri dans un divorce qui tourne mal le fait avec son ex-conjoint. C’est la négation même de la responsabilité politique. Et c’est surtout en flagrante contradiction avec la tradition agrarienne de l’UDC vaudoise, qui se faisait toujours un point d’honneur à faire avancer le fameux consensus à la vaudoise. L’UDC agrarienne vaudoise est morte, vive l’UDC vaudoise blochérisée.

J’accepte sans autres le verdict du peuple et n’en veux pas une seule seconde aux personnes qui ont fait part d’inquiétudes légitimes dans l’urne; je demeure également critique face à certaines réactions de l’UE. Mais j’en veux infiniment à ceux qui ont instrumentalisé ces inquiétudes pour leur propre gloriole électorale, en semant une zizanie presque sans précédents dans le pays, et qui refusent d’assumer les conséquences graves de leurs actes. A ce propos, le Conseil fédéral n’est vraiment pas très habile d’avoir refusé à l’UDC suisse sa participation au groupe d’experts post-9 février. L’UDC aura une occasion de plus de jouer les caliméros.

Pour soutenir les efforts en faveur de la préservation d’Erasmums et de Horizon 2020 pour les Suisses, cliquer ici.

13/05/2013

Offre d'emploi: Conseiller fédéral élu par le peuple

Blog principal: http://raphael.mahaim.ch

Petit exercice de fiction, un brin provoc’ et sur un ton moins révérencieux que Le Temps du jour: voilà à quoi pourrait ressembler une offre d’emploi pour le poste de Conseiller fédéral/Conseillère fédérale en cas d’acceptation de l’initiative de l’UDC le 9 juin prochain. A celles et ceux qui ne manqueront pas de rappeler que les cantons élisent déjà aujourd’hui leur gouvernement par voie populaire, je rétorque d’emblée que la comparaison ne tient pas: pas le même espace médiatique, pas le même espace géographique, pas les mêmes enjeux, ni les mêmes mécaniques de pouvoir…

OFFRE D’EMPLOI: Conseiller fédéral/Conseillère fédérale à 100%

Votre profil

  • Vous estimez que le Parlement, et ce quelle que soit sa légitimité populaire, constitue une entrave inutile voire nuisible à la bonne marche des affaires gouvernementales;
  • Vous n’êtes pas partisan du travail d’équipe; vous êtes convaincu qu’on n’est jamais aussi bien servi que par soi-même;
  • Vous n’aimez pas le travail effectué dans la discrétion; vous préférez largement les effets d’annonce et de manche;
  • Vous n’êtes pas réticent à réserver régulièrement, pendant votre mandat, des scoops d’envergure à une certaine presse désireuse d’informer le bon peuple; dans ce cadre, vous admettez l’idée d’informer les médias avant d’informer vos collègues du gouvernement ou les parlementaires;

Vos atouts

  • Vous avez une tendance naturelle à vous conformer aux idées reçues et à la prétendue volonté populaire ; en particulier, pour vous faire bien voir, vous n’hésitez pas à montrer du doigt, à intervalles réguliers, les requérants d’asile, les roms, les musulmans et autres boucs émissaires servant de défouloir à la "colère du peuple";
  • Vous disposez d’un instinct aiguisé pour suivre la direction du vent et rechignez à élaborer des idées visionnaires et à contre-courant;
  • Vous acceptez sans autres l’idée de servir avant tout les intérêts des lobbies qui disposent d’une grande force de frappe dans l’univers politico-médiatique et n’éprouvez aucune gêne à délaisser ceux qui n’ont pas voix au chapitre; le sort des habitants du pays dépourvus du droit de vote (étrangers, mineurs, interdits, etc.) – et ne pouvant par conséquent pas vous apporter votre voix – vous indiffère largement;
  • Vous êtes maître dans l’art de glisser des peaux de banane à vos collègues du gouvernement, en particulier pendant les périodes de campagnes électorales;
  • Vous disposez d’un petit pactole permettant d’assurer le financement de votre campagne électorale, ou, à défaut, pouvez vous appuyer sur un parti bénéficiant d’un trésor de guerre conséquent; la provenance de ces fonds vous est assez indifférente, dès lors que la noble fin de votre élection justifie tous les moyens.

Nous offrons

  • Un environnement de travail marqué par une compétition (presque) permanente avec les collègues du gouvernement;
  • La garantie que vous ne passerez strictement aucun temps en famille pendant les années électorales;
  • La garantie que vos moindres faits et gestes, vos états d’âme, les maladies de vos proches et vos destinations de vacances seront systématiquement décryptées par une certaine presse uniquement mue par le noble désir d’informer le bon peuple;

Pour vos postulations: écrire sous chiffre à "Population suisse, Suisse, Code postal 0001" avec CV, coupures de presse faisant état de votre capacité à mobiliser les médias, photographies attestant de votre sex-appeal et tout autre document permettant de documenter vos atouts tels que décrits ci-dessus.

17/04/2013

Votation du 9 juin: pour un contrôle a priori des initiatives populaires

Plaider pour le statu quo en matière de validation des initiatives populaires sur le plan cantonal n’est certainement pas le meilleur moyen de défendre la démocratie directe. Petite analyse du scrutin vaudois du 9 juin prochain, d’apparence très aride mais à l’importance considérable (article publié dans Pages de Gauche d’avril 2013 en réaction à un article du numéro de février 2013 critiquant la réforme vaudoise).

La réforme proposée dans le canton de Vaud et soumise au vote de la population vaudoise le 9 juin prochain constitue une amélioration significative d’un dispositif qui dysfonctionne aujourd’hui. Deux enjeux font débat: le moment du contrôle de validité et l’organe qui en a la charge. S’agissant de l’aspect temporel, le contrôle a posteriori connu aujourd’hui a pour grave conséquence de permettre l’invalidation d’initiatives populaires ayant abouti. Le Tribunal fédéral a tout récemment annulé l’initiative du parti socialiste vaudois “pour un rabais d’impôt”. Les milliers de signatures récoltées à l’appui de l’initiative ont été jetées à la poubelle par un tour du plume de la Haute Cour du pays!

Il faut donc aller dans le sens de la réforme proposée en terre vaudoise et introduire un contrôle préalable des initiatives populaires, lequel remplace le contrôle a posteriori. Certes, il peut avoir pour conséquence de retarder quelque peu le début de la récolte de signatures; mais le laps de temps écoulé entre le lancement d’une initiative et la votation est strictement identique; et surtout, il n’existe plus le risque d’une invalidation après l’aboutissement. Les militants qui récoltent des signatures et les citoyens qui paraphent une initiative en sortent gagnants.

S’agissant de la compétence pour (in)valider l’initiative, il est vrai que le gouvernement est en soi moins légitime et moins représentatif que le parlement. Mais il faut voir que les débats parlementaires à ce sujet offrent un spectacle affligeant. Cette procédure incite la majorité parlementaire à flinguer un texte sur le plan juridique pour escamoter le combat populaire. Chaque député défend sa propre visibilité médiatique et ses propres intérêts, sans faire grand cas du principe démocratique.

La majorité de droite a tenté, rien que ces dernières années, de faire invalider pas moins de quatre initiatives. La justice lui a donné tort dans trois cas sur quatre. Il n’est pas déraisonnable d’espérer que le Conseil d’Etat, quelle que soit sa majorité, sera (un peu) plus soucieux des institutions démocratiques; il faut des arguments très robustes pour que le Conseil d’Etat ose déclarer une initiative invalide face à la population qu’il représente, à l’inverse d’un député qui ne cherche qu’à séduire sa propre base électorale. On relèvera par exemple que le Conseil d’Etat, pourtant à l’époque à majorité de droite, avait recommandé au Parlement la validation de l’initiative vaudoise pour un salaire minimum. Le Grand Conseil ne l’avait pas suivi!

Voir aussi: