12/01/2012

6 semaines de vacances pour tous!

Les Verts vaudois, nous avons adopté hier soir nos recommandations de vote pour les prochaines votations fédérales. A une très large majorité, nous recommandons d’accepter l’initiative “6 semaines de vacances pour tous”. Une occasion concrète d’obtenir un progrès social et de diminuer le stress au travail. L’occasion aussi de rêver d’une Suisse qui ne résumerait pas à la performance et à la compétitivité.

Nous vivons dans un monde de fous. Nous n’avons jamais accumulé autant de richesses matérielles dans nos sociétés industrialisées. Nous travaillons pourtant comme des forcenés. La pression dans le monde du travail devient extrême et les richesses qui en découlent sont de plus en plus inégalement réparties au sein de la population. Un nouvel équilibre est nécessaire.

Les coûts engendrés par le stress au travail en Suisse s’élèvent à 10 milliards de francs par an. Le problème est très sérieux pour le tissu économique suisse. De nombreuses professions très éprouvantes physiquement ne bénéficient que du minimum légal de vacances. En outre, le développement vers une société de services, la place croissante qu’y prend la technologie et l’accessibilité 24 heures sur 24 des employés ont profondément modifié le monde du travail.

Les vacances sont un élément primordial de l’équilibre entre le travail, la famille et le temps libre. Dans notre société trop souvent fondée sur la performance au détriment de la qualité de vie, l’augmentation de la durée des vacances est une manière d’agir préventivement en matière de santé au travail.

Les opposants à l’initiative ne manqueront pas de dénoncer des coûts prétendument exorbitants engendrés par cette initiative; ils brandiront aussi le spectre d’une crise économique. La rengaine habituelle, en somme, que l’on entend lorsqu’il faut investir dans les énergies renouvelables, le logement ou les infrastructures de transport public.

Une semaine de vacances coûte à l’employeur environ 2 pour cent de la masse salariale annuelle. Or, en 25 ans, la productivité des personnes actives a « explosé » de 21,5%, alors que les salaires réels n’ont progressé que de 4,3% dans le même temps. Ainsi, l’initiative n’engendre pas de coûts disproportionnés que l’économie n’arriverait pas à assumer ! Comme toujours, c’est une question de volonté. Il faut se donner les moyens de ses ambitions.

Pour les Verts, la qualité passe avant la quantité.  Beaucoup n’ont pas le choix de réduire leur taux de travail ou de prendre un congé non-payé pour augmenter leur temps libre. Pensons à ces professions éprouvantes physiquement, dans la construction, l’hôtellerie, l’industrie manufacturière, etc. En votant OUI à l’initiative “6 semaines de vacances pour tous”, on reconnaît que stress au travail représente l’un des problèmes de santé publique majeurs du 21ème siècle. C’est surtout une manière de diminuer le temps de travail et d’affirmer haut et fort que l’existence ne se résume pas à la traditionnelle mélodie “métro-boulot-dodo”.

Blog principal: http://raphael.mahaim.ch

09/09/2011

J-44: priorité "utopiste" no1: réduire le temps de travail

"Blog-notes" de campagne: http://raphael.mahaim.ch

En mettant mon « blog-notes » de campagne en ligne, j’annonçais sur la page « mes priorités politiques » cinq priorités « utopistes » pour l’horizon 2050. Ces cinq priorités feront l’objet de petits billets distincts répartis sur les semaines de campagne restantes. Le billet du jour est consacré à la première de ces priorités : une réduction du temps de travail. D’abord, le compte-rendu de la veille et le programme de la journée :

Le programme du jour : Ce soir, première action de campagne dans le district de Morges, à la rencontre de l’agriculture locale. Nous serons dès 18h30 au domaine du Cotrable à Villars-sous-Yens. Tout le monde est invité !

Le récit de la veille : A nouveau beaucoup de temps consacré à la rédaction de notre « réplique » dans le cadre de la procédure devant le Tribunal fédéral pour Lavaux.

  • Nombre de courriels concernant la politique : 55
  • Nombre de téléphones concernant la politique : 2
  • Nombre d’heures consacrées à la politique : 5

Réduire le temps de travail

« Travailler plus pour gagner plus ». Tel était le slogan de campagne de Nicolas Sakozy lors de la présidentielle de 2007. Il n’y a pas à mon sens de slogan politique plus déshumanisant, plus pitoyable. L’indice de bonheur d’une société se mesurerait ainsi à l’aune des richesses accumulées et des heures travaillées. Quelle misère…

Au Nord de la planète, nous vivons dans une société d’opulence. Le problème n’est pas la quantité de richesses produites, mais bien leur distribution. Le gâteau est assez gros pour que toute le monde participe au festin ; ce sont les parts qui sont inégalement réparties. Alors que certains se taillent la part du lion, d’autres n’obtiennent que les miettes. Cultiver l’illusion que le gâteau peut être agrandi à l’infini revient à nier les limites de la biosphère. C’est aussi le meilleur moyen de ne jamais remettre en question l’inégale répartition des parts de ce fameux gâteau. Le projet écologiste doit simultanément viser une diminution de la consommation de ressources naturelles et une plus équitable répartition des droits à consommer ces ressources.

Une réduction globale du temps de travail participe de ce projet écologiste. La productivité du travail n’a jamais cessé d’augmenter ces dernières décennies. Grâce à la technologie notamment, une heure de travail rapporte bien davantage en 2011 qu’en 1950. On aurait pu s’attendre à ce que ceci provoque soit une augmentation correspondante des salaires, soit une diminution équivalente du temps de travail. Il n’en a rien été. En revanche, la pression sur les ressources naturelles n’a cessé d’augmenter, et de façon plus qu’alarmante. Le stress au travail est devenu un problème majeur de santé publique. Le modèle productiviste révèle ainsi ses failles de façon éclatante. En cherchant à produire toujours davantage, on pousse l’individu dans un cercle vicieux dont il a grand peine à sortir. Et on dilapide au passage notre stock de ressources sans faire grand cas de leur capacité de renouvellement largement dépassée.

Il faut impérativement réfléchir à des moyens permettant de « travailler moins pour vivre mieux ». L’initiative demandant « six semaines de vacances pour tous » s’inscrit dans cette perspective. J’espère vivement qu’elle sera acceptée par la population. D’autres pistes sont à explorer. Pourquoi ne pas prévoir pour les salariés un droit à travailler à temps partiel après une certaine période d’engagement, selon des modalités à définir ? Pourquoi ne pas réfléchir à des moyens volontaristes d’encouragement du partage du travail (job-sharing) ? Pourquoi ne pas garantir, pour les salariés que le désirent, le droit à un congé non payé d'un mois par année ? Pourquoi de pas concevoir des modèles d’entreprises où le bénéfice est redistribué aux employés-sociétaires sous forme d’heures de congé ?

« Utopiste », me direz-vous, surtout pour un pays où l’on n’est même pas fichu d’interdire l’exportation du matériel de guerre au motif que cela menace des emplois… Oui, précisément, « utopiste » ! Nous sommes aujourd’hui en manque cruel d’utopies. Je repense à Candide de Voltaire, qui parcourt le monde à la recherche d’un avenir meilleur pour finalement finir par trouver la quiétude en « cultivant son jardin » chez lui, simplement. Voilà peut-être l'utopie la plus réjouissante: en revenir aux plaisir simples, retrouver le lien à la terre.

Reste pour moi le plus grand défi : commencer par appliquer ces bons préceptes à moi-même. Ce sera particulièrement difficile en période de campagne…