20/03/2012

Le congé paternité selon Schopenhauer

Après un débat passionné, le Grand Conseil a refusé ce matin l'introduction d'un congé paternité de 20 jours pour les employés de l'Etat de Vaud. La proposition de mon collègue N. Mattenberger, à peine déposée, suscitait déjà l'ire et les jérémiades de la moitié droite de l'hémicycle parlementaire. Au vu des rapports de force au Grand Conseil, ce refus était programmé.

Je suis intimement convaincu que si la moyenne d'âge du parlement était un peu moins élevée, cette idée ne ferait pas un pli. Alors certes, il faut à tout prix que ce congé ne soit pas réservé qu'aux seuls employés de la fonction publique, mais soit garanti à tous les pères actifs de ce pays. Mais ce serait déjà un premier pas... que nous franchirions d'ailleurs avec des années de retard sur la quasi-totalité des pays qui nous entourent.

Dans le cadre de ce débat, je trouve la célèbre citation de A. Schopenhauer particulièrement inspirante: "Tout vérité passe pas trois étapes: elle est d'abord ridiculisée; elle est ensuite violemment combattue; enfin, elle est considérée comme une évidence."

Nous en sommes aujourd'hui à la transition entre le phase 1 et la phase 2. Les adversaires du congé paternité n'osent plus ridiculiser à outrance cette idée, même si certaines déclarations des mes collègues PLR et UDC au Parlement laissent tout de même songeur, et c'est un euphémisme. Ainsi, un congé paternité serait inutile car "un nourisson dort de toute façon 23h30 par jour". Ou encore "l'appréciation selon laquelle un enfant a autant besoin de sa mère que de son père répond à des critères personnels hautement contestables". On se demande de quel côté se trouve le ridicule...

Ce qui me rassure, c'est que nous entrons désormais pleinement dans la phase 2. Plusieurs entreprises privées ont déjà introduit un congé paternité et le débat sera bientôt porté sur la place publique, probablement par le biais d'une initiative populaire. L'idée n'est plus ridiculisée, elle est désormais contestée. Comme le peuple suisse l'avait fait avec l'assurance maternité - et ce malgré la propagande massive et mensongère des associations patronales - la salut viendra des urnes, j'en suis convaincu.

Avec les durées actuelles du congé paternité, le père doit au mieux retourner au travail dès que la mère rentre de la maternité... Car rappelons-le, toute personne n'a pas les moyens de prendre un congé non-payé et tous les employeurs ne se montrent pas systématiquement compréhensifs avec les absences répétées du père. Pour les tâches domestiques et les premiers instants de vie de l'enfant, la fracture est nette et massive: la mère doit se débrouiller seule la journée dès les premiers jours de la vie. C'est tout simplement indigne de notre société prétendument moderne et soucieuse de mener une politique familiale digne de ce nom.

L'avenir nous donnera raison. Même s'il faut autant de temps que pour l'aboutissement du congé maternité, nous ne lâcherons pas le morceau. Je souhaite profondément que mes enfants puissent bénéficier d'un tel congé lorsqu'il seront en âge d'avoir des enfants...

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12/01/2012

6 semaines de vacances pour tous!

Les Verts vaudois, nous avons adopté hier soir nos recommandations de vote pour les prochaines votations fédérales. A une très large majorité, nous recommandons d’accepter l’initiative “6 semaines de vacances pour tous”. Une occasion concrète d’obtenir un progrès social et de diminuer le stress au travail. L’occasion aussi de rêver d’une Suisse qui ne résumerait pas à la performance et à la compétitivité.

Nous vivons dans un monde de fous. Nous n’avons jamais accumulé autant de richesses matérielles dans nos sociétés industrialisées. Nous travaillons pourtant comme des forcenés. La pression dans le monde du travail devient extrême et les richesses qui en découlent sont de plus en plus inégalement réparties au sein de la population. Un nouvel équilibre est nécessaire.

Les coûts engendrés par le stress au travail en Suisse s’élèvent à 10 milliards de francs par an. Le problème est très sérieux pour le tissu économique suisse. De nombreuses professions très éprouvantes physiquement ne bénéficient que du minimum légal de vacances. En outre, le développement vers une société de services, la place croissante qu’y prend la technologie et l’accessibilité 24 heures sur 24 des employés ont profondément modifié le monde du travail.

Les vacances sont un élément primordial de l’équilibre entre le travail, la famille et le temps libre. Dans notre société trop souvent fondée sur la performance au détriment de la qualité de vie, l’augmentation de la durée des vacances est une manière d’agir préventivement en matière de santé au travail.

Les opposants à l’initiative ne manqueront pas de dénoncer des coûts prétendument exorbitants engendrés par cette initiative; ils brandiront aussi le spectre d’une crise économique. La rengaine habituelle, en somme, que l’on entend lorsqu’il faut investir dans les énergies renouvelables, le logement ou les infrastructures de transport public.

Une semaine de vacances coûte à l’employeur environ 2 pour cent de la masse salariale annuelle. Or, en 25 ans, la productivité des personnes actives a « explosé » de 21,5%, alors que les salaires réels n’ont progressé que de 4,3% dans le même temps. Ainsi, l’initiative n’engendre pas de coûts disproportionnés que l’économie n’arriverait pas à assumer ! Comme toujours, c’est une question de volonté. Il faut se donner les moyens de ses ambitions.

Pour les Verts, la qualité passe avant la quantité.  Beaucoup n’ont pas le choix de réduire leur taux de travail ou de prendre un congé non-payé pour augmenter leur temps libre. Pensons à ces professions éprouvantes physiquement, dans la construction, l’hôtellerie, l’industrie manufacturière, etc. En votant OUI à l’initiative “6 semaines de vacances pour tous”, on reconnaît que stress au travail représente l’un des problèmes de santé publique majeurs du 21ème siècle. C’est surtout une manière de diminuer le temps de travail et d’affirmer haut et fort que l’existence ne se résume pas à la traditionnelle mélodie “métro-boulot-dodo”.

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12/09/2011

J-41: En visite chez des agriculteurs

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Vendredi soir dernier, nous avions la première "action de campagne" dans le district de Morges. Une visite chez des agriculteurs à Villars-sous-Yens, propriétaires du magnifique domaine du Cotrable.

Cette visite était l'occasion pour nous d'entendre le témoignage passionnant d'un couple ayant choisi la reconversion vers une agriculture de proximité respectueuse de l'environnement. L'occasion aussi de voir à quel point ce métier est difficile, dans un contexte international et national très tendu, où les rendements doivent être très élevés si l'on souhaite survivre. Avec, en prime, un succulent apéritif de produits du terroir... Plutôt que des longs développements, voici pour aujourd'hui quelques photos de cette rencontre fort conviviale et sympathique. Et encore merci à Anne et Eric Petit pour leur accueil!