08/11/2015

Les méthodes consternantes d'Olivier Français

C’est le quotidien La Liberté qui l’a révélé hier. Géraldine Savary et Luc Recordon avaient choisi de ne pas médiatiser l’affaire pour ne pas lui donner davantage de retentissement et surtout pour ne pas rejoindre Olivier Français dans le caniveau...

Jusqu’à cette dernière semaine de campagne de deuxième tour pour le Conseil des Etats, le combat était féroce mais loyal. On a d’ailleurs assisté à de belles joutes politiques entre deux Sénateurs tout de même très largement au-dessus de la mêlée et un challenger plutôt coriace. Mais alors là, dans la dernière ligne droite, on touche le fond.

Olivier Français a fait réaliser un clip de campagne, à la mode américaine, avec témoignages de soutien, extraits de discours, images “chocs” et musique d’ambiance. Jusque là, rien que de très normal. On aime ou on n’aime pas. Moi je trouve ça dégoulinant de niaiserie, un peu façon hollywood chewing gum à la fraise. Mais je ne suis pas objectif, je l’admets volontiers. Là où ça se corse, c’est quand on apprend que les personnes interrogées en début de vidéo, sous la forme d’un micro-trottoir, ne savaient pas que leur “témoignage” serait utilisé pour cette vidéo politique; et on s’étouffe carrément lorsqu’on aperçoit Oscar Tosato, Municipal socialiste à Lausanne et membre du comité de soutien de Géraldine Savary et Luc Recordon, représenté comme un simple passant lausannois apportant son soutien à O. Français. O. Tosato n’a jamais su pourquoi il était interrogé - deux jeunes à l'apparence d'étudiants ont conduit l'interview - et encore moins qu’il se retrouverait dans une vidéo de campagne en faveur de O. Français. Et il n’y a pas la moindre touche d’humour qui permettrait de faire comprendre que c’est à interpréter au second degré.

Quant à M. Français, je ne peux pas croire une seule seconde qu’il n’a pas visionné sa propre vidéo de campagne avant sa diffusion. C’est donc en parfaite connaissance de cause qu’il a utilisé les images d’Oscar Tosato, entre autres, pour faire son petit coup de pub. En droit civil, cela s’appelle une violation du droit à l’image; et on peut se demander si ce n’est pas même une infraction pénale (art. 179quater CP), dès lors que le consentement de la personne filmée a été obtenu par un mensonge (par omission?) au sujet de la destination du film.

Pas de quoi fouetter un chat, direz-vous? Uniquement un épiphénomène de campagne comme on en a à intervalles réguliers? Peut-être. C’est vrai que par rapport aux campagnes américaines ou françaises, on est encore des enfants de coeur en Suisse. Mais personnellement, cela me paraît bien ainsi et je préférerais qu’on en reste à nos us et coutumes helvétiques. Mais surtout, surtout, ça en dit long sur le personnage et les méthodes de son comité de campagne...

Il paraît que M. Français s’est au final excusé – quel grand Seigneur – auprès des intéressés. Il paraît aussi qu’au même moment Fathi Derder – dont la réélection au Conseil national dépend de l’élection d’Olivier Français aux Etats – diffusait ladite vidéo à tout-va sur les réseaux sociaux. Et quand on lit le fameux article de La Liberté, on a le sentiment que la garde rapprochée d’Olivier Français est dans le fond assez satisfaite de son petit coup. Quelle fine équipe! Une chose est sûre: pour une campagne à la Chambre haute, on aurait pu attendre moins de bassesses...

P.S. Le moment choisi pour mettre ce billet en ligne est décisif: il est dimanche 8 novembre 2015, fin de matinée. Les bureaux électoraux du deuxième tour vaudois du Conseil des Etats sont presque tous fermés, mais les résultats ne sont pas encore connus. Je suis confiant pour la réélection de Géraldine Savary et Luc Recordon, tant il s'agit de deux personnalités hors du commun, critère central pour une élection à la majoritaire. Il n’y a donc pas d’esprit revanchard ou mesquin dans ce blog. Simplement l’envie d’un coup de gueule face à des méthodes tout simplement petites, voire minuscules.

11/10/2011

J-12 : Luc Recordon, personnalité d'exception pour le Conseil des Etats

"Blog-notes" de campagne: http://raphael.mahaim.ch

Luc Recordon est candidat à sa réélection au Conseil des Etats. Il y a quatre ans, son élection, aux côtés de la socialiste Géraldine Savary, a été considérée comme une victoire historique : il s’agissait de l’un des deux premiers sièges verts au Conseil des Etats de toute l’histoire suisse…

D’abord, le compte-rendu de la veille et le programme de la journée :

Le programme du jour : 7h-8h distribution de croissants à la gare à Nyon – session parlementaire toute la matinée – séance du bureau des Verts VD entre midi et 14h – session parlementaire l’après-midi – réception du nouveau président du Grand Conseil Jean-Robert Yersin le soir

Le récit de la veille : journée sans action de campagne, j’ai finalement dû renoncer à rejoindre mes collègues du Nord Vaudois à Juriens

  • Nombre de courriels concernant la politique : 45
  • Nombre de téléphones concernant la politique : 1
  • Nombre d’heures consacrées à la politique : 1

Luc Recordon au Conseil des Etats

Je crois n’avoir jamais rencontré un politicien vaudois qui fait autant l’unanimité. Le parcours de Luc Recordon force l’admiration : une double formation d’ingénieur EPFL et d’avocat – avec doctorat en droit, s’il vous plaît –, une carrière professionnelle qui l’a fait voyager de Bruxelles à Berne pour finalement exercer le métier d’avocat à Lausanne ; et surtout une ascension politique aussi régulière qu’impressionnante : , dans l'ordre, conseiller communal, municipal, député, constituant, conseiller national et enfin conseiller aux Etats. Il aura marqué chaque étape de son empreinte politique et personnelle.

A la Municipalité de Jouxtens-Mézery, où il siège depuis 1989, il aura connu des générations de Municipaux et fait office de "sage" de la commune ; au Grand Conseil, il a toujours impressionné les collègues de tous bords politiques par sa capacité à tisser des compromis et à élaborer des solutions astucieuses pour sortir des situations de blocage ; on murmure que certains articles de la nouvelle Constitution vaudoise se sont négociés chez lui avec quelques autres ténors de l’Assemblée constituante ; à Berne, déjà en tant que Conseiller national, il avait conquis son monde grâce à une aisance oratoire hors du commun et grâce à une excellente connaissance des dossiers ; au Conseil des Etats, il a pu mettre ses talents politiques au service des intérêts vaudois et de l’écologie (en savoir plus ici).

Atteint d’une maladie congénitale qui lui a valu des dizaines d’opérations chirurgicales pendant sa jeunesse, Luc Recordon est reconnaissable entre mille à son immense stature et à sa démarche dégingandée. A ses cheveux longs aussi – son autre marque de fabrique – qui lui valent des railleries en permanence, mais qui témoignent de l’authenticité et de la simplicité du personnage.

Son histoire personnelle marquée par de nombreux renoncements – son handicap le contraint à marcher avec des prothèses – aurait pu faire de lui un homme triste et égocentrique, replié sur lui-même. C’est tout l’inverse qui est vrai. Luc Recordon n’aime pas parler de sa propre personne. Il a une capacité d’écoute exceptionnelle et met sa mémoire prodigieuse au service d’autrui : il se souviendra du nom de chacun de ses interlocuteurs et de détails précis à leur sujet. Son humour décapant fait des ravages. Passer une heure avec lui est une manière très efficace de refaire le plein d’énergie. Lors de séances politiques crispées, il trouvera toujours le mot pour rire et détendre l’atmosphère.

Au sein des Verts, il jouit d’une cote de popularité et de sympathie inégalée. Il faut dire que tout au long de sa carrière politique, il a su défendre avec beaucoup d’intelligence les valeurs vertes. Jamais il n’a renié ses convictions pour des motifs personnels ou électoralistes. Il a cultivé et perfectionné l’art de faire des compromis politiques sans se compromettre…

Il faut à tout prix réélire Luc Recordon au Conseil des Etats le 23 octobre prochain, avec sa colistière Géraldine Savary. Depuis le Conseil des Etats, s’il le souhaite, peut-être pourra-t-il atteindre la dernière marche de son ascension politique : le Conseil fédéral ?