01/11/2012

Ecopop ou la liberté des sangliers

Aujourd’hui même est déposée l’initiative populaire « ecopop ». Celle-ci demande de « faire en sorte que la population résidant en Suisse ne dépasse pas un niveau qui soit compatible avec la préservation durable des ressources naturelles ».

Des illustres figures de « l’écologie » se sont égarées en soutenant cette initiative. Franz Weber, Philippe Roch et d’autres estiment qu’il faut « ouvrir le débat » sur le « problème démographique ». Les Vert’libéraux vaudois affichent désormais ouvertement leur soutien à l’initiative.

Il y a, en toile de fond de cette initiative, une volonté affichée mais néanmoins sournoise de « réguler » la démographie. On voudrait faire croire que la population humaine se « gère » comme celle des sangliers surnuméraires. Lorsqu’il y en a trop à un endroit, on les déplace ailleurs. Lorsqu’on ne peut faire autrement, on délivre des autorisation de tir pour un quota à chasser. Ce type de raisonnement, c’est le point de départ du fascisme. Veut-on recommander aux parents – ou imposer, à la sauce chinoise –  de n’avoir qu’un seul enfant, car un enfant « pollue » moins que deux ou trois?

Comme si l’existence même d’humains sur la terre était en soi un problème. Ce n’est pas la présence des humains sur terre qu’il faut combattre, c’est leurs comportements irresponsables à l’égard de leur planète hôte. Parler de régulation démographique, c’est le meilleur moyen d’éviter d’aborder la question qui fâche: la réduction de notre empreinte écologique.

Le problème n’est pas la croissance de la population (modérée sous nos latitudes), mais bien les modes de consommation et de production décidées par nos autorités politiques. Il suffit de prendre un exemple très actuel d’aménagement du territoire: 10 personnes vivant dans un immeuble consomment moins de la ressource « sol » qu’une personne seule vivant dans une immense villa. Diviser par deux la population sur sol suisse pourrait même ne servir à rien si l’aménagement du territoire restait inchangé.

Quant à l’idée de fermer les frontières pour éviter un accroissement de la population dû à la migration, c’est le culte du jardin doré. Je clôture ma pelouse pour éviter que les (méchants et encombrants) voisins viennent troubler mon luxueux confort. Et j’évite évidemment de me questionner sur mon propre train de vie.

Les Vert’libéraux sont prêts à abandonner tout ce qu’il leur reste de libéral pour « ouvrir le débat » sur une initiative qui fleure le totalitarisme. On sacrifie la liberté sur l’autel d’un naturalisme-nationalisme. Les Verts ne sont pas seulement plus verts que les Vert’libéraux, ils sont aussi résolument plus libéraux.

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« La nature joue un rôle central dans l’idéologie nationale-socialiste et a grandement contribué à sa popularité. Les préoccupations écologiques semblent parfaitement cohérentes avec l’ensemble de la doctrine nazie. L’écologie national-socialiste rejette en effet la place centrale de l’homme et considère que celui-ci n’est qu’un élément dans la chaîne de la vie – comme n’importe quel autre organisme – ce qui amène à relativiser sérieusement le poids d’une vie humaine. Ces conceptions sont doublées d’une approche mystique de la nature (…) qui ouvrent la voie à un ordre social de type totalitaire. Puisque la société doit s’inspirer des règles de la nature, le nazisme établit un lien entre la préservation de l’environnement et la protection de la pureté de la race : pas de pollution extérieure, pas de mélange des races. Pour rester en bonne santé, la race germanique a également besoin d’un espace vital, comme toutes les autres espèces ». (Onno Maxada, Ecofascisme : leçons de l’expérience allemande, 05.02.2007, http://www.larevolutionencharentaises.com).