04/10/2011

J-19 : Une cimenterie peut-elle être écolo ?

"Blog-notes" de campagne: http://raphael.mahaim.ch

Hier soir, nous avons visité avec les Verts vaudois la cimenterie d’Holcim à Eclépens dans mon district. Holcim fait souvent figure d’exemple en matière de durabilité des processus de production. Mais la question dérangeante demeure : jusqu’à quand pourra-t-on continuer à exploiter les roches calcaires – non renouvelables – pour fabriquer du ciment et du béton ?

D’abord, le compte-rendu de la veille et le programme de la journée :

Le programme du jour : 7h00-8h30, distribution de tracts à la gare de Nyon – matinée séance de groupe parlementaire – midi à 14h, séance du bureau des Verts VD – après-midi session parlementaire

Le récit de la veille : 6h30-8h distribution de tracts à la gare de Morges pour notre action « 3ème voie CFF » - visite d’Holcim en fin d’après-midi

  • Nombre de courriels concernant la politique : 70
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Une cimenterie peut-elle être écolo ?

Dans le cadre de notre axe de campagne « économie verte », nous avons visité hier soir la cimenterie d’Holcim à Eclépens. Le savoir-faire et la capacité d’innovation des ingénieurs de ce site d’Holcim – souvent considéré comme précurseur – forcent l’admiration : utilisation de déchets en tout genre (pneus, plastiques, boues de step, etc.) pour remplacer le combustible classique du four (charbon mélangé avec des résidus du raffinage du pétrole) ; production d’énergie thermique pour le chauffage à distance des communes environnantes ; grand respect des sites archéologiques trouvés sur le site d’extraction des roches ; projet en cours de production d’énergie électrique à partir de la chaleur du four (cogénération) ; production de ciment destinée au marché suisse à l’exclusion de l’exportation, etc.

Les multiples certifications en durabilité et distinction reçues par Holcim ne parviennent toutefois pas à masquer la question centrale de cette industrie : l’extraction de roches calcaire à des fins de production de ciment est-elle durable ? A l’évidence, la réponse est négative : les émissions de CO2 tout au long du processus de production restent considérables ; les réserves de ces roches sont épuisables ; le béton en tant que matériau de construction n’est pas connu pour être particulièrement respectueux de l’environnement…

Comme le disait très justement Luc Recordon au micro de la TSR suite à la visite : dans le contexte actuel, c’est probablement une concession à laquelle l’on ne peut pas échapper au vu des besoins en ciment de notre économie. Il faut alors se réjouir qu’Holcim fasse tout ce qui est en son pouvoir pour réduire l’empreinte environnementale de ses activités.

Mai il reste surtout à espérer que l’on trouve rapidement des substituts renouvelables au ciment…

Quelques impressions de la visite en images :

29/09/2011

J-24: Hier aux Chambres, le meilleur comme le pire

"Blog-notes" de campagne: http://raphael.mahaim.ch

Les Chambres fédérales sont cette semaine en session à Berne, alors que la campagne électorale bat son plein. Hier, le Parlement a été capable du meilleur comme du pire...

D’abord, le compte-rendu de la veille et le programme de la journée :

Le programme du jour : ce soir, assemblée générale extraordinaire des Verts VD au sujet de l'élection complémentaire vaudoise au Conseil d'Etat

Le récit de la veille: Le matin de très bonne heure, séance du bureau pour préparer l'AG de ce soir

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Hier aux Chambres, le meilleur comme le pire

Le meilleur d'abord. Le Conseil des Etats, au terme d'un débat énergétique houleux qui dure depuis la catastrophe de Fukushima, a finalement accepté le principe de la sortie du nucléaire. A l'image de la décision du début de l'été du Conseil fédéral, ce vote constitue un pas historique de plus vers l'abandon de cette technologie obsolète et dangereuse. Pour les Verts, c'est une victoire immense qui couronne des dizaines d'années de combat acharné. Dommage qu'il ait fallu attendre une seconde catastrophe nucléaire de grande ampleur pour en arriver là...

Précisons cependant que cette décision s'accompagne de plusieurs fausses notes qui nous interdisent de jubiler trop vite. De nombreuses propositions visant à réduire la consommation d'électricité et à favoriser le développement des énergies renouvelables ont été simultanément refusées par le Conseil des Etats. Afin que l'abandon du nucléaire ne reste pas une sympathique déclaration d'intention, il devient urgent de procéder à des modifications légales pour concrétiser le virage énergétique que les Verts appellent de leurs voeux. A cela s'ajoute un autre bémol de taille: le Conseil des Etats a modifié le texte de la motion voté par le Conseil national. Ceci provoque un report de l'entrée en force de cette décision, la chambre basse devant se prononcer à nouveau sur la variante du Sénat. Comme la discussion du Conseil national aura lieu après les élections, on peut craindre quelques retournements de veste parmi les parlementaires favorables au nucléaire. En clair: le plus dur reste encore à faire, et les élections fédérales du 23 octobre seront décisives!

Venons-en au pire. Il y avait hier une session spéciale sur l'asile et l'immigration. Tétanisé par la force électorale de l'UDC, le camp bourgeois a voté presque les yeux fermés - sans même se boucher le nez - quasi systématiquement avec le parti des millionnaires zurichois: une immonde interdiction de la Burqa, qui me fait penser aux pires années de l'histoire européenne où l'on s'en prenait de manière ciblée aux signes distinctifs des juifs; une interdiction du regroupement familial pour les enfants de plus de 8 ans, comme si à partir de 8 ans et un jour on pouvait se passer de ses parents; un refus refus systématique de corriger les discrimations frappent les ressortissant vivant en dehors de l'UE, etc, etc.

Une bérézina pour les défenseurs des valeurs humanistes et des droits fondamentaux. Evidemment, avec les majorités politiques à Berne, il n'y a pas de miracle; on a beau être très convaincant et déployer une énergie folle pour défendre ses idées, lorsqu'un tiers du Parlement est composé de moutons UDC et un autre tiers de suiveurs tétanisés par le troupeau de moutons, il ne reste plus beaucoup d'animaux raisonnables dans la ménagerie. Il faut que cela change le 23 octobre!

01/09/2011

J-52: Abandon du nucléaire : tout reste encore à faire !

"Blog-notes" de campagne: http://raphael.mahaim.ch

Hier, on apprenait dans la presse qu’une commission du Conseil des Etats a donné un coup de frein à l’abandon du nucléaire en Suisse, en laissant une porte ouverte aux centrales nucléaires de « nouvelle génération ». Cette décision nous rappelle une réalité souvent oubliée, voire même délibérément passée sous silence par certains : aucune décision définitive de sortie du nucléaire n’a été prise à ce jour en Suisse. Tout reste encore à faire, et les élections d’octobre prochain seront décisives…

Mais d'abord, comme d'habitude, le programme de la journée et le récit de la veille:

Le programme de la journée : aucune séance politique aujourd’hui !

La journée de hier en bref : hormis le boulot habituel, séance très sympathique et productive du comité des Verts du district de Morges le soir

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  • Nombre d’heures consacrées à la politique : 5

Abandon du nucléaire : tout reste encore à faire !

Dans l’esprit de beaucoup d'observateurs de la vie politique, la Suisse a d’ores et déjà pris la décision définitive d’abandonner progressivement l’énergie nucléaire. On se souvient de cette fameuse annonce « historique » du Conseil fédéral de renoncer à l’énergie nucléaire à échéance 2035 environ. Quelques semaines plus tard, le Conseil national en a fait de même en adoptant diverses motions demandant la sortie du nucléaire.

Pourtant, nous n’en sommes qu’aux « déclarations d'intention ». Une sortie du nucléaire implique une révision de nombreuses dispositions légales. Et surtout, surtout, il s’agit de poser les conditions-cadre permettant d’assurer la transition vers les énergies renouvelables. Une telle « révolution énergétique » ne se décrète pas; elle se prépare et se construit minutieusement sur plusieurs années. Les milieux politiques pro-nucléaires ont une stratégie parfaitement cohérente et réfléchie. Elle consiste à « laisser passer l’orage Fukushima », à saper toute forme de soutien aux énergies renouvelables durant cette période, et à affirmer dans une dizaine d’années que l’énergie nucléaire « reste indispensable pour la sécurité d’approvisionnement en Suisse ». En brandissant bien entendu à tout-va la menace d’une pénurie d’électricité.

En définitive, deux facteurs joueront un rôle décisif dans l’évolution du dossier nucléaire en Suisse. D’une part, les résultats des élections fédérales d’octobre seront déterminants. Si les forces favorables à une transition vers les énergies renouvelables ne sortent pas renforcées au Parlement, l’abandon du nucléaire aura du plomb dans l’aile. On peut craindre aussi que la position « anti-nucléaire » du Conseil fédéral ne découle que d’une « majorité de circonstance » liée aux événements japonais et au contexte préélectoral. Une simple rocade au Gouvernement pourrait faire pencher la balance en faveur de l’atome.

D’autre part, la pression populaire doit absolument être maintenue pendant toute cette phase. Si « l’épée de Damoclès » d’une votation populaire ne menace pas les autorités politiques bernoises, on peut prédire qu’une majorité aux Chambres saura rapidement se distancer des promesses faites avec les élections. C’est pourquoi il reste indispensable de signer et faire signer l’initiative populaire lancée par les Verts pour sortir du nucléaire.