29/06/2012

Révision LAT: mauvaise foi et irresponsabilité

Après l’agitation médiatique provoquée – très habilement – par le canton du Valais, l’Union suisse des arts et métiers (USAM) a annoncé le lancement d’un référendum contre la révision de la loi sur l’aménagement du territoire (LAT). En parallèle au référendum populaire qui exige la récolte de 50’000 signatures, le canton du Valais tente d’activer les lobbys des bétonneurs pour obtenir de plusieurs cantons qu’ils s’associent à une “référendum des cantons”.

C’est maintenant officiel pour nous autres Vaudois: notre Grand Conseil a été saisi d’une initiative parlementaire demandant au canton de rejoindre le camp des cantons référendaires. Nous aurons donc à nous prononcer au Parlement cet été sur le sujet. Il n’est pas inutile de rappeler quelques éléments à l’aube de ce débat majeur pour le canton et la Suisse.

1) L’aménagement du territoire est l’un des parents pauvres des politiques environnementales actuelles. La loi fédérale adoptée au tournant des années 1980 est en grande partie restée lettre morte, face aux blocages politiques et à la pression des milieux de l’immobilier. Le mitage du territoire progresse à une vitesse terrifiante: l’équivalent de la surface d’un stade de football est chaque jour classé en zone à bâtir en Suisse. Il en découle une augmentation inquiétante des frais d’infrastructure à charge des collectivités (nouvelles routes, nouveaux équipements, etc.), une progression fulgurante de la mobilité individuelle et une dégradation alarmante de la qualité des paysages sur le Plateau suisse.

2) Cette révision contestée de la LAT fait office de contre-projet à l’initiative “pour le paysage” lancée par une large coalition d’organisations environnementales et de partis politiques, laquelle est également soutenue par plusieurs élus du centre-droit qui ont compris que le sol est une ressource rare et que les générations futures ont cruellement besoin d’une gestion intelligente du territoire. Le contre-projet élaboré dans la douleur par une large front parlementaire comprend une palette bien timide de mesures face aux défis auxquels nous sommes confrontés. La répartition des compétences entre la Confédération et les cantons n’est pas modifiée. On s’attache simplement à se donner les moyens de mettre en œuvre notre Constitution, qui commande de faire une utilisation mesurée du sol.

3) Rappelons que dans le canton de Vaud, selon les dires de feu le Conseiller d’Etat Mermoud lorsqu’il était en charge de l’aménagement du territoire, les terrains déjà classés en zone à bâtir suffiraient à accueillir largement plus que la population actuelle! Le problème n’est donc pas la taille des zones à bâtir, mais la thésaurisation des terrains et la prolifération de zones villas au détriment de la construction de logements abordables. Car ce qui est en jeu, c’est la préservation des surfaces agricoles. La surface agricole en Suisse, y compris les bonnes terres arables, fond comme neige au soleil devant la pression de l’urbanisation dont l’inaction des collectivités publiques se fait la complice.

4) Ce n’est pas la mauvaise foi qui étouffe le lobby des bétonneurs et des propriétaires. Le Valais a été parmi les plus mauvais élèves pendant des dizaines d’années, en violant au quotidien la loi fédérale avec des classements totalement arbitraires en zone à bâtir. On n’est pas loin d’une république bananière qui cherche désespérément à sauver sa peau face à une nécessaire remise à l’ordre. Les excès valaisans ont donné lieu à l’initiative de F. Weber sur les résidences secondaires, avec les suites que l’on connaît. Pourtant, ils continuent sur la même ligne, rivalisant de mauvaise foi et de cécité. Quant aux nouveaux opposants vaudois au contre-projet, ils invoquent le fédéralisme pour combattre la révision de la loi fédérale. Ces mêmes opposants étaient les premiers à convoquer à la rescousse le droit fédéral pour tenter de faire invalider devant la justice l’initiative “Sauver Lavaux”.

Il y en a marre de ce jeu de dupes, de ce fédéralisme à “géométrie variable“, servant les intérêts particuliers. Le lobby des bétonneurs et les milieux de l’immobilier sont véritablement tout-puissants dans ce pays. Gageons que le peuple, si le référendum aboutit, saura faire la part des choses et défendre l’intérêt général.

24/05/2012

La fibre, le nerf et la fracture

La Suisse a fait oeuvre de pionnière dans les années 2000 en introduisant un service universel pour les télécommunications. Ce service comprenait – et comprend toujours – la connexion internet par câble pour chaque foyer du territoire. Mais cette technologie est désormais dépassée. Il est temps de franchir une nouvelle étape... (Intervention de ce matin 24 mai au Forum des 100 à Lausanne).

Je plaide pour un développement massif, jusqu’à chaque foyer du pays, du réseau de fibre optique. En novlangue des technologies, on parle de FTTH – fiber to the home. Autrefois, son coût exorbitant ne permettait que l’interconnexion des centraux téléphoniques. Ce temps est maintenant révolu.

Avec l’internet à très haut débit, l’univers des possibles devient infini. Les applications sont multiples : cyberadministration, bibliothèques en ligne, téléphonie par internet, « cloud computing », éducation à distance, applications médicales, etc. Les maîtres mots sont information, partage, transparence, démocratie, connaissance, liberté, autonomie, prospérité, solidarité. Voilà une avancée basée non sur le bétonnage ou les énergies fossiles, mais sur l’intelligence et l’innovation.

Pour qu’il ne rime pas avec « fracture numérique », le développement de la fibre doit toutefois être maîtrisé, coordonnée, cohérent. A l’heure actuelle, les tronçons de fibre existants s’entremêlent comme des lianes dans la jungle ; des régions sont saturées alors que d’autres sont laissées pour compte.

Le défi est immense et les collectivités publiques totalement dépassées par la guerre que se livrent les opérateurs. Le nerf de cette guerre, c’est le réseau. Celui qui est en est détenteur tient le couteau par le manche ; il peut imposer ses tarifs, dicter sa loi aux concurrents et faire fi des intérêts des consommateurs.

Les collectivités publiques doivent reprendre la main. Comme à Bâle, où il est prévu de raccorder 95% des parcelles d’ici à 2017, pour constituer un réseau sous le contrôle de la ville et de ses organes démocratiques. Des nouveaux mécanismes de solidarité sont nécessaires pour que les périphéries ne soient pas oubliées.

Au siècle passé, il s’agissait de raccorder les foyers à l’eau courante et à l’électricité. Aujourd’hui, en Suisse comme ailleurs, l’accès local à la toile est au coeur d’un enjeu global : la vitalité de la démocratie. Et c’est uniquement grâce à un réseau de fibre que l’on évitera la fracture.

11/05/2012

Logement étudiant à Morges: une bonne nouvelle!

Dans sa réponse à une interpellation que j’avais déposée il y a quelques mois, le Conseil d’Etat vaudois a annoncé le 22 février dernier qu’il envisageait l’ouverture de logements pour les étudiants dans l’école de Marcelin à Morges. Dans un communiqué publié ce jour, le Conseil d’Etat précise les détails de cette nouvelle offre de 73 places. Certes, une petite goutte d’eau dans l’océan de la pénurie; mais on sait aussi que les petits ruisseaux font les grandes rivières!

→ Relire le texte de l’interpellation et la réponse du Conseil d’Etat ici.

COMMUNIQUE DE PRESSE DU 11 MAI 2012

Hébergement étudiant: 73 nouvelles places disponibles

L’internat de l’école d’agriculture cantonale de Marcelin accueillera désormais également des étudiants. La diminution progressive du nombre d’élèves internes logés sur le site permet à l’école de mettre plus de 70 lits supplémentaires à disposition de la Fondation Maison pour étudiants de Lausanne (FMEL). L’école d’agriculture (Agrilogie) se réserve toutefois quelques lits prioritaires pour ses propres élèves. Des travaux d’aménagement seront réalisés pour adapter les locaux.

Le Canton a décidé de louer les chambres de l’internat de l’école d’agriculture de Marcelin à la Fondation Maison pour étudiants de Lausanne (FMEL) afin qu’elle puisse y héberger des étudiants confrontés aux difficultés de se loger. Les élèves de l’école d’agriculture continueront de profiter de cette infrastructure au sein de laquelle 12 lits leur sont réservés, alors que 73 places pourront désormais accueillir d’autres étudiants.
Situé à Morges, sur le site de Marcelin, l’internat est à proximité de l’arrêt de la ligne de bus 701 Echichens-EPFL Piccard (toutes les 10 minutes aux heures de pointe), permettant de gagner le campus universitaire de Lausanne, à Dorigny, en 25 minutes. L’évolution de la société et des habitudes, la motorisation croissante des apprentis agriculteurs ont fait décroître le nombre d’élèves ayant recours aujourd’hui à l’internat de leur école. Les places vacantes seront désormais disponibles pour accueillir de jeunes locataires qui suivent leurs études dans les hautes écoles du canton.
Des travaux seront entrepris afin d’adapter les locaux aux nouveaux utilisateurs: aménagement de cuisines, installations de casiers et de réfrigérateurs, transformation de quatre chambres en studios doubles, connexions à internet via un réseau WiFi. D’un montant de 270’000 francs (dont 100’000 financés directement par la FMEL), ils seront terminés en juin 2012 et permettront d’accueillir des groupes d’étudiants dès le 1er juillet 2012. Ensuite, la FMEL gérera l’hébergement, tandis que le Canton percevra un loyer annuel de 140’000 francs à partir du 1er janvier 2013.
Le projet a pu être rapidement mis sur pied grâce à une parfaite coordination entre les divers partenaires impliqués: le Service de l’agriculture, le Service immeubles, patrimoine et logistique, la Direction générale de l’enseignement supérieur et la Fondation maison pour étudiants de Lausanne.

Bureau d’Information et de Communication de l’Etat de Vaud.
Lausanne, le 11/05/2012