16/09/2011

J-37 : Les Verts pourront-ils bientôt fermer boutique ?

"Blog-notes" de campagne: http://raphael.mahaim.ch

Hier à l’occasion d’un débat à Nyon entre candidats aux élections fédérales, nous avons beaucoup parlé de politique énergétique. Chaque intervenant – tous partis confondus – n’avait presque qu’un seul mot à la bouche : « énergies renouvelables ». Les Verts pourront-ils bientôt fermer boutique ?

D’abord, le compte-rendu de la veille et le programme de la journée :

Le programme du jour et du week-end : vendredi : hormis le boulot habituel, une séance extraordinaire du bureau des Verts vaudois – samedi : marché à Nyon le matin avec les Verts de La Côte – dimanche : repos en famille – lundi sera une journée de boulot, le canton de Fribourg ne comptant pas le lundi du Jeûne comme un férié.

Le récit de la veille : beaucoup de travail pour préparer les prochaines actions de campagne – débat à Nyon le soir avec d’autres candidates et candidats aux élections fédérales

  • Nombre de courriels concernant la politique : 75
  • Nombre de téléphones concernant la politique : 2
  • Nombre d’heures consacrées à la politique : 6

Les Verts pourront-ils bientôt fermer boutique ?

En période électorale, plus aucun parti – à la notable exception de l’UDC – ne fait l’économie de promesses en matière de politique environnementale. Suite à la tragédie nucléaire de Fukushima, c’est en particulier sur la politique énergétique et les énergies renouvelables que toute l’attention se focalise. Le front anti-nucléaire et favorable aux énergies renouvelables s’est sensiblement élargi ces derniers mois. En soi, c’est une excellente chose qui montre à quel point les idées vertes ont percolé dans l’ensemble du champ politique ces dernières années. Pour les Verts, c’est un motif de satisfaction immense de voir que nous ne prêchons désormais plus dans le désert…

Sauf que, bien évidemment, les choses sont un peu moins « vertes » qu’il n’y paraît. Au lendemain des élections, de nombreuses promesses faites tombent dans l’oubli. Il suffit pour s’en convaincre de jeter un coup d’œil aux « éco-ratings » établis par les associations de protection de l’environnement au sujet des votes des parlementaires à Berne. Pour l’immense majorité des parlementaires fédéraux, le taux de concordance avec les positions des associations de protection de l’environnement est extrêmement réduit. En clair : il y a un fossé considérable entre les positions affichées et les votes au Parlement, là où les décisions se prennent concrètement.

Plus généralement, les Verts se battent pour faire de la politique autrement. Nous vivons une ère de déséquilibres majeurs : déséquilibre climatique, déséquilibre économique, déséquilibre social, déséquilibre énergétique, etc. L’être humain se comporte de manière totalement irresponsable, comme un prédateur sans foi ni loi : il puise dans le capital de ressources, consomme et ne se préoccupe pas des déchets ainsi produits. Notre société vit au-dessus de ses moyens. Nous dilapidons la fortune que nous devrions pourtant pouvoir transmettre intacte aux générations suivantes.

Les Verts, nous demandons un changement complet de perspective. Nous voulons une politique qui fasse abstraction du court terme pour mieux prendre en compte les enjeux du long terme. Nous voulons que l’intérêt général prime les intérêts sectoriels et particuliers. Nous voulons rompre avec le mythe productiviste d’une croissance purement quantitative : il faut faire mieux avec moins.

Cette transformation écologiste de la politique est un travail de longue haleine. Aujourd’hui, notre projet est encore bien souvent accueilli par des sourires polis et des hochements de tête sceptiques. Il faudra du temps, beaucoup de temps, avant de voir aboutir ce changement de perspective. Nous sommes très éloignés du jour où nous pourrons fermer boutique…

13/09/2011

J-40 : Quand l’iPhone ébranle les certitudes…

"Blog-notes" de campagne: http://raphael.mahaim.ch

S’engager en politique, c’est faire le pari qu’il est possible d’influencer, à sa modeste échelle, le cours des choses. Si je fais de la politique, c’est parce que tout au fond de moi bouillonne une irrépressible envie de « changer le monde ». Mais il y a des moments de doute intense, où je me dis que les collectivités publiques n’arriveront jamais à susciter la transformation écologique et sociale dont la planète a besoin. Ces jours, mes doutes se cristallisent sur ce petit objet devenu l’alpha et l’oméga de notre société post-moderne : l’iPhone.

D’abord, le compte-rendu de la veille et le programme de la journée :

Le programme du jour : Séance de commission parlementaire entre 8h15 et 9h30 – groupe parlementaire toute la matinée – session parlementaire l’après-midi – match de foot avec le FC Grand Conseil le soir

Le récit de la veille : Les obsèques de feu le Conseiller d’Etat J.-C. Mermoud ont eu lieu hier après-midi : un moment solennel pour prendre congé d’un homme d’Etat qui aura profondément marqué la politique vaudoise de son empreinte

  • Nombre de courriels concernant la politique : 45
  • Nombre de téléphones concernant la politique : 2
  • Nombre d’heures consacrées à la politique : 6

Quand l’iPhone ébranle les certitudes…

A la base de tout engagement politique, il y a cette ambition – cet orgueil aussi – de vouloir influencer le cours des choses. Je pourrais presque le formuler sous forme de profession de foi, de credo : je crois à l’action politique en tant que remède aux injustices ; je crois à l’action politique comme moteur de changement ; je crois à l’action politique comme outil de défense des minorités ; je crois à l’action politique comme instrument de pacification des rapports sociaux, etc.

Inévitablement, cette conviction se heurte tôt ou tard à un certain désenchantement. L’action politique est marquée tout d’abord par une formidable inertie. Le bateau est terriblement lourd à manœuvrer. Je repense à ce que Daniel Brélaz avait dit un jour en séance de comité des Verts VD : même avec sept Verts à la Municipalité de Lausanne, il serait impossible d’atteindre une société à 2000 Watts à court terme !

Ensuite, la politique reste dominée par les intérêts particuliers. Ceci est particulièrement criant sur la scène internationale. Alors que les défis climatiques appellent des réponses globales ambitieuses et immédiates, on s’empêtre dans des conflits entre puissances économiques rivales. Les alarmes répétées de la communauté scientifique sont autant de prêches dans le désert.

Enfin, et c’est sans doute l’élément le plus fascinant et inquiétant à la fois, la politique a toujours un temps de retard sur les développements sociétaux. Les chemins de fer ont permis la révolution industrielle ; il a ensuite fallu des décennies pour enfin prendre au sérieux ses conséquences sociales dramatiques. L’aviation a précipité la mondialisation des échanges commerciaux ; il a fallu des décennies avant que les dérèglements climatiques ne soient dénoncés et que des ébauches de solutions ne voient le jour. Les sociétés humaines ne semblent pas avoir la capacité d’apprendre de leurs erreurs ; elles foncent tout droit sans se poser de questions, et réfléchissent ensuite, souvent quand il est trop tard.

A l’instar d’internet dans les années 1990, l’iPhone est le symbole des bouleversements technologiques et sociétaux qui affectent notre civilisation du 21ème siècle. En quelques années, l’iPhone et les autres téléphones dits « intelligents » ont totalement révolutionné notre mode de vie. Dans les pays du Nord – et certainement aussi dans les pays émergents – iPhone a pénétré, infiltré, tous les pans de la vie en société. Avec un iPhone, on peut en permanence s’informer, faire ses courses, se localiser, se divertir, travailler, communiquer, filmer, etc.

On ne mesure pas l’ampleur des changements que l’iPhone induit dans notre civilisation. Il y a des aspects extraordinaires – facilité de communication, vecteur de connaissance – et des conséquences largement dommageables, dont en particulier la hausse de la consommation d’électricité. Et là, le politique est à nouveau dépassé. Les collectivités publiques débauchent une énergie folle pour tenter de favoriser certains comportements respectueux de l’environnement chez les particuliers, souvent sans grand succès. Simultanément, sans grand effort, Apple impose l’iPhone comme produit incontournable dans tous les foyers en Suisse. Ce développement paraît inexorable. Aujourd’hui, un bébé se familiarise avec le maniement d’un iPhone avant d’apprendre à marcher.

Voilà à quoi ressemblent les temps post-modernes. Alors que le défi climatique et énergétique exigerait un changement profond des modes de consommation des ressources naturelles, nous sommes prisonniers de forces supérieures qui paraissent impossibles à maîtriser. Cela ébranle nos (fragiles) certitudes de politiciens, d’autant que revient, toujours, la lancinante et dérangeante question : jusqu’où suis-je prêt à montrer l’exemple ? Puis-je clouer certaines technologies au pilori alors que je suis moi-même enclin à m’en servir ?

Il faut décidément une foi bien ancrée et de solides convictions pour persévérer dans le combat politique. J’admire celles et ceux qui y ont consacré leur vie entière sans jamais baisser les bras…

31/08/2011

J-53 : Les Verts, une longueur d’avance !

"Blog-notes" de campagne: http://raphael.mahaim.ch

Après plusieurs articles portant sur le quotidien de la campagne électorale, voici un billet de fond consacré au programme des Verts pour les élections fédérales. Car, en définitive, ce qui compte avant tout, ce sont les idées défendues par les différents partis. Cette année, c’est avec le slogan « Les Verts, une longueur d’avance ! » que les Verts vaudois font campagne… Mais d’abord, comme de coutume, le récit de la veille et le programme de la journée.

Le programme de la journée : journée habituelle au bureau – séance du comité des Verts de Morges le soir

La journée de hier en bref : distribution de tracts « Vivre et voter ici » à la gare de Lausanne dès 6h30 – séance de groupe parlementaire entre 8h30 et 9h30 – Grand Conseil toute la matinée, débats au sujet de la réforme policière – intéressante séance à midi au sujet des recours judiciaires déposés par les Verts au Tribunal fédéral – session parlementaire l’après-midi ; débats largement consacrés à la politique pénitentiaire – séance du bureau des Verts VD à 17h15

  • Nombre de courriels concernant la politique : 65
  • Nombre de téléphones concernant la politique : 5
  • Nombre d’heures consacrées à la politique : 12

Les Verts, une longueur d’avance !

La 14 mai dernier, les Verts vaudois ont adopté en assemblée générale leur programme électoral pour les élections nationales d’automne. Ce programme se fonde sur trois axes prioritaires : « une gestion responsable des ressources naturelles », « la qualité de vie » et « une Suisse ouverte ». L’idée était de dépasser les trois critères traditionnels de la durabilité (écologie, social, économie) pour proposer une nouvelle grille de lecture.

Dans le premier de ces trois axes, on retrouve les thèmes classiques chers aux écologistes : abandon du nucléaire, développement des énergies renouvelables, protection du climat, préservation du paysage et de la biodiversité, etc. Ces thèmes se déclinent en toute une série de propositions concrètes allant d’un renforcement des normes d’efficience énergétique à la création de nouveaux parcs naturels régionaux en passant par une interdiction d’importation des denrées alimentaires produites dans des conditions sociales et écologiques inadmissibles.

Le projet écologiste est un projet fondamentalement humaniste. Il ne peut y avoir d’écologie dépourvue de vision sociétale (voir à ce sujet l’article « Pas d’écologie sans équité sociale »). Le combat écologiste se doit dès lors d’accorder une importance toute particulière à la cohésion sociale. C’est l’objectif que poursuit le deuxième axe de campagne. Celui-ci aborde, en vrac, l’aménagement du territoire, les transports, la formation, la politique de la santé, etc. Tous ces sujets ont un point commun : l’intérêt général doit primer les intérêts particuliers. Les Verts ne défendent jamais d’intérêts sectoriels ; ils prennent leurs décisions selon leur conscience, sans dépendre d’aucun lobby économique ou financier.

Le troisième axe de campagne « Suisse ouverte » me tient tout particulièrement à cœur. Il aborde le thème de la place de la Suisse dans le monde. Dans un contexte de politique migratoire particulièrement tendu, il nous appartient de montrer un autre visage de la Suisse que celui des affiches aux moutons noirs. Nous voulons vivre dans une société qui rassemble et non qui divise. Nous voulons une Suisse fière de ses idéaux humanitaires et pacifistes ; nous refusons catégoriquement de chercher des boucs émissaires prétendument responsables de tous les maux dont souffre le pays.

Enfin, un petit commentaire au sujet du slogan de campagne « Les Verts, une longueur d’avance ». Depuis l’apparition des écologistes sur la scène politique, nous avons fait de la vision à long terme l’un de nos principaux chevaux de bataille. C’est probablement l’un des plus grands drames actuels de l’humanité : une incapacité crasse à dépasser les intérêts du court terme. Après une catastrophe écologique, tous les gouvernant jurent leurs grands dieux que cela « n’arrivera plus jamais ». Pourtant, une fois le soufflé retombé, on commet à nouveau les mêmes erreurs. Qui donc pense encore à la marée noire du Golfe du Mexique d’avril 2010 ? Au printemps de cette année, Shell annonçait de nouveaux forages offshore au beau milieu de la grande barrière de corail…

Lorsque, en l’absence de tout accident, les écologistes mettent en garde contre les risques d’une technologie, on les qualifie d’alarmistes. Lorsqu’ils réagissent suite à un accident, on les taxe d’opportunistes. Je dirais pour ma part simplement que les Verts sont réalistes et responsables. Car nous ne voulons pas que les générations futures payent le prix de nos bêtises.