08/09/2011

J-45 : Dans une campagne électorale, j’aime/j’aime pas…

"Blog-notes" de campagne: http://raphael.mahaim.ch

Une campagne électorale n’est pas une période comme les autres. C’est une parenthèse hors du temps, où le quotidien est rythmé par l’actualité politique, le militantisme, la fatigue et le travail de dernière minute. Certes, nos petites élections fédérales n’ont rien à voir avec une présidentielle française ou américaine ; il n’en reste pas moins que le travail accompli par les bénévoles est immense et éprouvant. Petite revue des aspects positifs et négatifs d’une campagne électorale sous la forme d’un « j’aime/j’aime pas ».

D’abord, le compte-rendu de la veille et le programme de la journée :

Le programme du jour : Aucune séance en perspective, mais toujours beaucoup de travail notamment pour le recours « Lavaux » et pour répondre à une consultation cantonale concernant une modification de la loi sur l’aménagement du territoire

Le récit de la veille : Beaucoup de temps consacré à la rédaction de notre « réplique » dans le cadre de la procédure devant le Tribunal fédéral pour Lavaux.

  • Nombre de courriels concernant la politique : 45
  • Nombre de téléphones concernant la politique : 1
  • Nombre d’heures consacrées à la politique : 4

Dans une campagne électorale, j’aime/j’aime pas…

J’aime :

  • L’espace offert pour mener des débats de fond sur un projet de société
  • Les discussions animées avec des citoyens dans la rue
  • Le travail d’équipe avec les autres candidates et candidats verts
  • Les débats télévisés et radiophoniques
  • La saine émulation entre candidats
  • Le jour J et l’excitation de l’attente des résultats
  • Le sentiment de faire vivre notre démocratie
  • Les surprises et anecdotes qui ne manquent pas d’accompagner les actions sur le terrain
  • Les messages de soutien des amis et des proches
  • Les élu-e-s et candidat-e-s qui n’ont pas peur d’aborder les sujets moins populaires

J’aime pas :

  • L’inévitable travail de dernière minute pour toutes les actions de campagne
  • Les affiches nauséabondes de l’UDC
  • Les réveils à 6h du matin pour aller distribuer des tracts
  • Les insultes des passants qui ne veulent pas de nos tracts
  • Les opportunistes et autres personnages à égo surdimensionné qui donnent une mauvaise image de la politique
  • La concurrence malsaine avec les rivaux politiques
  • La disproportion des moyens financiers à disposition des différents partis
  • Les discours creux et « langue de bois » du type « il convient désormais de tout mettre en œuvre pour aménager de réels soutiens pour les familles de la classe moyenne »
  • Le concert de politiciens reconnaissant en chœur que la criminalité a explosé ces dernières années et « qu’il est urgent d’agir pour protéger les citoyens »
  • Les questionnaires « d’affinité avec l’économie » d’Economiesuisse

07/09/2011

J-46 : Dans les coulisses d’un débat TV

"Blog-notes" de campagne: http://raphael.mahaim.ch

Lundi soir, l’émission « Face aux partis » de la TSR était consacrée aux Verts. Mes collègues Vinciane Frund et Antonio Hodgers étaient sur le plateau pour présenter nos idées et propositions pour la législature 2011-2015. J’étais avec de nombreux collègues verts dans le public. L’occasion de me remémorer les premiers débats télévisés auxquels j’ai participé. Ce qui m’a le plus marqué, c’est cette ambiance si particulière qui règne dans les studios en marge d’un débat TV. Un monde à part dont le téléspectateur ne perçoit qu’une infime partie…

D’abord, le compte-rendu de la veille et le programme de la journée :

Le programme du jour : Aucune séance en perspective, mais beaucoup de travail notamment pour le recours « Lavaux » et pour répondre à une consultation cantonale concernant une modification de la loi sur l’aménagement du territoire

Le récit de la veille : La journée a été complètement chamboulée par le décès soudain du Conseiller d’Etat Jean-Claude Mermoud. La session parlementaire a été annulée. Il suffit de lire la presse du jour pour se rendre compte à quel point les autorités vaudoises sont ébranlées par cette disparition. Même si je ne le connaissais pas très bien personnellement, je l’ai beaucoup côtoyé au Grand Conseil et lors de séances de commissions parlementaires. Son calme et sa capacité de dialogue m’ont toujours impressionné.

  • Nombre de courriels concernant la politique : 55
  • Nombre de téléphones concernant la politique : 2
  • Nombre d’heures consacrées à la politique : 5

Dans les coulisses d’un débat TV

Le premier débat de la TSR auquel j’ai participé était un débat de politique européenne pour l’émission infrarouge. Je me souviens encore parfaitement des quelques heures qui ont précédé le débat. Il y a d’abord ces questions pratiques stupides que l’on se pose à chaque fois : comment s’habiller ? faut-il manger quelque chose avant ou après ? faut-il prendre avec soi des documents particuliers ? Puis vient le moment de rejoindre la « Tour » de la TSR à Genève en transports publics. Avec le trafic de fin d’après-midi, cela ne se passe jamais aussi bien que prévu. Au fil des feux rouges qui bloquent le tram en ville de Genève, on commence à redouter de plus en plus d’arriver tout transpirant à la dernière minute…

L’arrivée à la réception des locaux de la TSR est l’un des moments les plus coquaces. Le dialogue est d’ailleurs presque à chaque foi identique. J’annonce non sans une pointe de fierté : « Bonjour, je suis attendu pour le débat Infrarouge de ce soir ». Ce à quoi on me répond sans sourciller : « Ah, vous venez pour le public ? ». « Non, je fais partie des invités sur le plateau » suis-je obligé de rétorquer avec amusement. Il faut ensuite quelques secondes à mon interlocuteur pour reprendre ses esprits et poser la question  : « Ah, et vous êtes qui ? ».

Une fois les présentations terminées, un employé de la TSR sorti de nulle part vient chercher les invités qui attendent dans le hall en se regardant en chiens de faïence. Et commence alors le long parcours du combattant dans la forteresse TSR. On se demande à chaque fois si l’on se fait conduire au donjon ou dans les oubliettes. Il y a tant de studios, de couloirs sans fin et de portes mystérieuses qu’il devient rapidement impossible de retrouver son chemin.

On nous fait ensuite entrer dans « l’anti-chambre » du studio : une petite salle d’attente équipée d’une confortable canapé et d’une télévision qui diffuse en direct les programmes de la TSR. Sur la table basse devant le canapé, il a y quelques boissons fraîches et un petit apéritif. Lors de mon premier débat pour Infrarouge, l’invité principal était Christoph Blocher. Ces quelques minutes passées en sa compagnie dans ce petit salon étaient assez étranges : les présentations, mondanités et platitudes au sujet de l’actualité du jour n’ont pas totalement comblé le silence assourdissant de la salle. Avec les invités qui n’ont pas l’habitude de ce genre d’exercices, en revanche, on développe assez rapidement une complicité qui doit ressembler à celles des gladiateurs avant d’entrer dans l’arène.

Ultime étape avant de se rendre sur le plateau, le maquillage. Pour les femmes, c’est sensiblement plus délicat. Pour les hommes, un peu de poudre suffit en règle générale. J’ai d’emblée été frappé par le travail remarquable accompli par les maquilleuses. Elles voient défiler tout ce que la Suisse compte de people, célébrités et politicards ; elles sont un chaînon irremplaçable de la préparation des émissions, mais travaillent pourtant dans l’ombre, jour et nuit, avec des horaires irréguliers et sous une pression permanente.

L’arrivée sur le plateau évoque une fourmilière aux heures de pointe ; des dizaines de techniciens s’activent à gauche et à droite pour préparer les prises de son et les caméras ; le responsable du studio donne des instructions au public et tente de détendre l’atmosphère avec quelques boutades ; la présentatrice – en l’occurrence Esther Mamabarchi pour Infrarouge – répète en boucle à voix basse ses quelques phrases d’introduction ; les maquilleuses refont un passage pour apporter les dernières retouches et poser les micros. Le compte à rebours annoncé par les techniciens de la régie rythme cette intense activité. Au fur et à mesure que les minutes s’égrènent, le plateau s’éclaircit. Il ne reste bientôt plus que les invités et la présentatrice.

Le débat peut alors commencer. Il s’agit désormais de tirer son épingle du jeu, de faire passer ses idées sans cafouillages ni hésitations. Un direct à la TV ne pardonne pas. Un faux pas et l’adversaire en profitera sans vergogne. Les mondanités, politesses et autres platitudes sont bien vite oubliées.

→ Débats Infrarouge à revoir:

  • La Suisse, un paradis, l'Europe, un enfer? - juin 2011 (Yves Nidegger, Raphaël Mahaim, Pascal Gentinetta, Aldo Ferrari, Blaise Matthey, Nicolas Levrat, Michel Juvet, Abraham Zisyadis)
  • Rail, route, tous à la caisse? - avril 2011 (Géraldine Savary, André Bugnon, Niklaus Lundsgaard-Hansen, Raphaël Mahaim, Caroline Beglinger, Patrick Eperon, Mathieu Fleury)
  • Elections au Conseil fédéral - septembre 2010 (Christian Levrat, Fulvio Pelli, Christophe Darbellay, Ueli Leuenberger, Jean-François Rime, Suzette Sandoz, Maria Roth-Bernasconi, Raphaël Mahaim, Jacques Deillon, Cédric Wermuth, Lucrezia Meier-Schatz, Bernard Rüeger)
  • Crise européenne: Le duel Blocher-Pilet- juin 2010 (Christoph Blocher, Jacques Pilet, Pierre Maudet, Jacques Deillon, Raphaël Mahaim, Paul-André Roux)

02/09/2011

J-51: Eva Joly, fantastique porte-drapeau des valeurs écologistes

"Blog-notes" de campagne: http://raphael.mahaim.ch

Il n’y a pas qu’en Suisse où les marmites électorales frétillent. En France aussi, les Verts ont désormais amorcé leur grand marathon de campagne. Alors qu’elle ne fait pas partie du sérail depuis très longtemps, Eva Joly a réussi le tour de force de devancer le très médiatique Nicolas Hulot à l’occasion de la primaire d’Europe Ecologie Les Verts. Certainement parce qu’elle incarne mieux que quiconque les valeurs écologistes…

D’abord, le compte-rendu de la veille et le programme du week-end :

Le programme du week-end : samedi matin, passage an stand des Verts de Nyon et au stand des Verts de Morges – dimanche après-midi consacré à l’attente des résultats des votations cantonales, en particulier « Vivre et voter ici »

La journée de hier en bref : journée sans séance politique…

  • Nombre de courriels concernant la politique : 70
  • Nombre de téléphones concernant la politique : 4
  • Nombre d’heures consacrées à la politique : 2

Eva Joly, fantastique porte-drapeau des valeurs écologistes

Eva Joly n’est pas de cette catégorie de politiciens – souvent des hommes – qui cherchent à écraser les adversaires lors des débats télévisés. Elle n’est pas non plus de ceux qui crèvent l’écran à chaque apparition médiatique. Son verbe posé, lent et réfléchi fait d’elle une personnalité à part dans la ménagerie politique française. Face aux éléphants, vipères et autres renards, son personnage tranche, ne laisse pas indifférent.

Lors de la précédente campagne présidentielle de 2008, Eva Joly n’était pas encore membre des Verts. Elle s’était même rapprochée du mouvement démocrate de François Bayrou, dont elle s’est finalement distancée. Elue au parlement européen en 2009 sur la fameuse liste Europe Ecologie menée par Daniel Cohen-Bendit, personne ne pouvait lui prédire à l’époque une ascension aussi fulgurante dans la famille écologiste française. Pourtant, elle a su, dès le début, séduire dans son camp et au-delà.

Connue pour ses combats contre la corruption en tant que magistrate, Eva Joly est la plus parfaite incarnation des valeurs écologistes. Elle fait vibrer les militants parce qu’elle symbolise les valeurs qu’ils défendent au quotidien : éthique, indépendance, responsabilité, fiabilité, modestie, détermination, abnégation. Elle saura mieux qui quiconque donner un visage au projet écologiste, dans un contexte politique marqué par une profonde « désolation post-sarkozienne ».

Avec Cécile Duflot, la secrétaire nationale d’Europe Ecologie les Verts, les écologistes français ont décidément deux femmes de très grande valeur à leur tête. Bon vent à eux pour cette campagne présidentielle !