23/09/2011

J - un mois: la campagne bat son plein!

"Blog-notes" de campagne: http://raphael.mahaim.ch

Dans très exactement un mois, ce sera le jour J: les élections au Conseil national et le premier tour du Conseil des Etats. Hier, le tout ménage des Verts arrivait dans les boîtes aux lettres de tous les ménages du canton. Petit rétro-planning du mois à venir.

D’abord, le compte-rendu de la veille et le programme de la journée :

Le programme du jour : séance d'accueil des nouveaux habitants dans mon nouveau domicile de Pampigny

Le récit de la veille : pas de séance politique hier soir

  • Nombre de courriels concernant la politique : 60
  • Nombre de téléphones concernant la politique : 3
  • Nombre d’heures consacrées à la politique : 2

La campagne bat son plein!

La campagne bat son plein maintenant, à un mois de l'échéance du Conseil national et du premier tour pour le Conseil des Etats. C'est le moment de consacrer toute notre énergie aux actions sur le terrain... On s'encourage!

Un petit rétro-planning du mois à venir:

  • Dès cette semaine, plusieurs annonces vertes dans les quotidiens vaudois et régionaux
  • Tout ménage vert dans les boîtes aux lettres hier
  • Début de l'affichage vert dans le canton dans les jours à venir
  • Arrivée du matériel de vote dans les boîtes aux lettres dans la dernière semaine de septembre
  • Marché tous les samedis matin dans toutes les villes du canton jusqu'au 23 octobre
  • Dès début octobre environ, distributions dans les gares et en ville de tracts et de tournesols
  • Dès la mi-octobre, présence soutenue sur le terrain pour encourager les citoyennes et citoyens à aller voter
  • Encore plusieurs débats tout au long du mois d'octobre, dont un débat à la TSR le 12 octobre.

En savoir plus sur les échéances à venir:

21/09/2011

J-25 : Débat de hier soir : petit exercice d’autocritique

"Blog-notes" de campagne: http://raphael.mahaim.ch

Hier soir, j’ai « croisé le fer » dans un débat à Rolle avec un candidat UDC au Conseil national sur le thème « La Côte en plein boom : quels défis, quelles solutions? ». Organisée par les Verts de Rolle, la soirée était un succès puisque près de 40 personnes sont venues y assister; les discussions étaient nourries et passionnées. Ceci ne m’empêche pas de ne pas être entièrement satisfait de ma « prestation ». Petit exercice d’autocritique à « cœur ouvert ».

D’abord, le compte-rendu de la veille et le programme de la journée :

Le programme du jour : à 6h30, nième séance du bureau des Verts VD consacrée à la question de l’élection complémentaire au Conseil d’Etat VD – puis journée de travail normale

Le récit de la veille: Journée marathon assez terrible, avec des séances politiques à Lausanne sans interruption de 7h00 à 18h30, puis un débat à Rolle de 20h00 à 22h30 !

  • Nombre de courriels concernant la politique : 60
  • Nombre de téléphones concernant la politique : 5
  • Nombre d’heures consacrées à la politique : 14

Débat de hier soir : petit exercice d’autocritique

Les Verts de Rolle ont eu la bonne idée d’organiser un débat en terre rolloise au sujet des thèmes de politique fédérale qui touchent les habitants de la région : logement, aménagement du territoire, vivre ensemble, transports, etc. J’étais opposé à Nicolas Daïna, un ancien député libéral au Grand Conseil désormais candidat au Conseil national pour les couleurs de l’UDC.

Il est inutile de préciser que nous ne sommes pas souvent tombés d’accord. A mes propositions de renforcer l’arsenal de lutte contre le mitage du territoire et l’étalement urbain, N. Daïna répondait que les instruments actuels suffisent et qu’il convient d’éviter toute contrainte supplémentaire pour les propriétaires fonciers. Aux propositions de l’UDC pour lutter contre la prétendue « immigration de masse », je répondais que la logique des « boucs émissaires » rendant les étrangers responsables de tous les maux dont souffre la Suisse est indigne de notre Etat de droit et de notre démocratie. S’agissant du logement, je défendais une vision volontariste du rôle des collectivités publiques pour lutter contre la pénurie et les loyers abusifs. Mon contradicteur refusait toute intervention de l’Etat et s’en remettait à la « sagesse » des promoteurs immobiliers dont l’action serait aujourd’hui entravée par les services cantonaux.

Chacun des deux intervenants a pu présenter les grandes lignes défendues par son parti ; la discussion avec le public a été riche et nourrie. Il n’en reste pas moins que je reste pour ma part un peu sur ma faim. Malgré les retours positifs que j’ai eus après le débat, j’ai le sentiment d’avoir souvent eu de la peine à « captiver » le public comme je l’aurais souhaité. Difficile de dire à quoi cela tient. Parfois on a la conviction d’avoir été très percutant, d’autres fois on est moins convaincu de sa prestation. Et – faut-il le préciser – cette impression personnelle ne correspond pas toujours à la perception du public.

Tout d’abord, je suis trop longtemps resté cantonné au niveau conceptuel. Il aurait fallu quitter les grandes discussions sur les enjeux nationaux de la politique d’aménagement du territoire pour aborder davantage les préoccupations quotidiennes des habitants de la région. Faire le lien de manière intelligible et simple entre une politique publique complexe et ses implications concrètes sur le terrain n’est pas chose aisée. C’est un art très difficile que peu d’élus politiques maîtrisent.

Je regrette ensuite de n’avoir pas su ajouter une touche d’humour dans ce débat resté très cordial mais assez froid. L’humour est une « arme » redoutable si l’on s’y prend avec finesse et esprit d’à-propos. Cela contribue à détendre l’atmosphère toute en cultivant une image sympathique. Objectif manqué hier soir.

Je crois également avoir manqué une occasion de montrer en quoi nous, les Verts, tentons de faire de la politique autrement. Il aurait fallu parler de l’importance de penser à long terme, d’anticiper les changements technologiques et sociétaux plutôt que de les subir, de prendre nos responsabilités pour assurer un avenir viable à nos enfants, etc. Objectif également manqué : l’observateur extérieur devait avoir l’impression d’avoir en face de lui deux politiciens servant un « refrain de catéchisme » des idées défendues par leur parti respectif. La marque de fabrique des Verts – ce qui fait notre spécificité et notre force – n’a pas assez été mise en avant.

C’est un classique : après un débat, je me dis bien souvent que j’aurais dû dire les choses différemment, intervenir sur d’autres sujets, répondre d’une autre manière à mon contradicteur, etc. On est « toujours plus intelligent après », c’est bien connu... Mais ce qui est fait est fait! Il faut simplement s'en souvenir pour tenter de faire mieux la prochaine fois!

20/09/2011

J-33 : 20 ans d'UDC en Suisse : les symptômes

"Blog-notes" de campagne: http://raphael.mahaim.ch

On a pris connaissance, il y a quelques jours, des sommes astronomiques investies par l’UDC dans la campagne électorale. Certains pensent que le meilleur moyen d’affaiblir l’UDC est de cesser d’en parler. Ils ont raison dans la mesure où il n’est jamais bon de se situer politiquement en référence à un autre parti politique ; on doit avant tout défendre son propre projet. Mais il y a certaines dérives que l’on se doit de dénoncer. Le silence peut être tout autant coupable que la critique indifférenciée.

D’abord, le compte-rendu de la veille et le programme de la journée :

Le programme du jour : séance du bureau des Verts VD à 8h – séance du groupe parlementaire à 8h45 – session parlementaire toute la journée

Le récit du week-end prolongé : fort sympathique marché avec les Verts de Nyon samedi matin – week-end tranquille pour le reste

  • Nombre de courriels concernant la politique : 85
  • Nombre de téléphones concernant la politique : 8
  • Nombre d’heures consacrées à la politique : 9

20 ans d’UDC en Suisse : les symptômes

L’UDC est devenue incontournable dans le paysage politique suisse, ne serait-ce qu’en raison des moyens colossaux qu’elle investit – de façon totalement opaque – en période de campagne pour couvrir le pays d’affiches nauséabondes. Il y a presque 20 ans – en 1992 – l’UDC obtenait en votation populaire une victoire historique au sujet de l’Espace économique européen. Cette victoire marquait pour elle le début d’une croissance politique presque ininterrompue jusqu’aux élections fédérales de 2007. Petite revue des symptômes de cette maladie – cette « blochérisation » du paysage politique suisse – sous la forme de cinq constats. Les « remèdes » suivront dans un prochain billet.

1) Banalisation de la violence symbolique

Au cours de ces dernières années, l’UDC a utilisé une communication d’une formidable violence. S’en prenant directement aux minorités, l’UDC a élevé l’agression verbale et picturale en art politique. Tout le monde a encore en tête ces fameuses affiches aux moutons noirs, affiches reprises presque instantanément par de nombreux mouvements d’extrême droite en Europe. Plus encore que les dégâts humains provoqués par les affiches elles-mêmes – comment ne pas se sentir exclu en voyant une telle affiche lorsque l’on n’a pas la même couleur de peau que la majorité des habitants du pays ? – c’est la banalisation de ce type d’images que je trouve inquiétante. Au fil du temps, la population suisse semble ne plus s’émouvoir de voir le pays tapissé de ces visuels haineux et nauséabonds.

2) Phagocytage des autres partis de la droite

La droite dite humaniste ou républicaine semble avoir totalement perdu son âme en l’espace de quelques années. Paralysée à l’idée de perdre des électeurs au profit de la formation blochérienne, elle n’a jamais réellement eu le courage de s’affirmer en tant que force d’opposition à l’UDC au sein de la droite. Cette évolution est particulièrement flagrante en Suisse allemande. Les slogans de campagne des partis bourgeois pour ces élections fédérales indiquent une allégeance au mythe blochérien d’une Suisse isolée et « pure »…

3) Politique migratoire: les droits fondamentaux à la poubelle

L’UDC a réussi le tour de force de faire accroire que la politique d’asile en Suisse était laxiste, alors même qu’elle tenait les rênes de cette politique, en particulier pendant les années où Blocher était le Conseiller fédéral en charge de ces questions. En étant à la barre tout en jouant le rôle de l’opposition, l’UDC a provoqué en l’espace de quelques années un durcissement majeur de la politique migratoire, à un point tel que la législation suisse est, sur de nombreux points, en porte-à-faux avec les droits fondamentaux. Le drame dans cette affaire, c’est que l’UDC continue à en faire son fonds de commerce en prétendant urbi et orbi que l’immigration est à l’origine de tous les maux dont souffre la Suisse…

4) Stigmatisation alarmante des minorités

L’UDC a une très lourde responsabilité quant à l’évolution du discours concernant les minorités de ce pays. Grâce à sa tradition fédéraliste, la Suisse sait en principe intégrer, protéger et prendre soin de ses minorités. La lente dérive du discours ambiant provoquée par l’UDC laisse des traces profondes : les personnes en situation de handicap sont devenues des « profiteurs », les étrangers des « criminels », les musulmans un « danger public ». Cette évolution est grave et constitue une menace pour la cohésion sociale. L’UDC foule aux pieds, en toute bonne conscience, le préambule de notre constitution fédérale, qui rappelle que « la force de la communauté se mesure au bien-être du plus faible de ses membres ».

5) La démagogie comme projet politique

Jamais un parti politique n'a autant fait recours à des artifices démagogiques et fallacieux en campagne électorale. A grands renforts de millions, l'UDC martèle son message, en usant jusqu'à l'écoeurement de l'art du mensonge et de la tromperie. Elle prétend défendre les petites gens mais ce sont systématiquement les intérêts de la grande finance qui sont défendus à Berne. Lorsque les chefs stratèges sentent que le vent tourne au sujet d'un objet de votation, le discours du parti change radicalement. Les exemples foisonnent: retournement de veste au sujet des accords UBS, au sujet du franc fort, etc. Il semble n'y avoir aucune honnêteté intellectuelle, aucune décence au sein de l'état-major zurichois du parti...

Tout ceci, inutile de le préciser, n'a jamais amélioré le quotidien de la population suisse. C'est peut-être l'élément le plus grave dans toute cette discussion. L'UDC détourne l'attention des enjeux réellement importants pour l'avenir de la Suisse: qualité de vie, financement des assurances sociales, défis environnementaux, infrastructures, etc.

Dans un prochain billet, je m’intéresserai aux remèdes à cette « maladie »…