13/10/2011

J-10 : Dans l’arène…

Ils étaient presque tous là, les éléphants romands de la politique fédérale. Près de quarante politiciens pour le grand débat de la TSR hier soir, s’exprimant sur six différents thèmes. J’ai vraiment eu le sentiment de me retrouver dans la fosse aux lions. C’était malheureusement bien souvent à celui qui criait le plus fort pour couper la parole aux autres. Je ne suis vraiment pas certain que cela donne une bonne image de la politique...

D’abord, le compte-rendu de la veille et le programme de la journée :

Le programme du jour : pas d’action de campagne aujourd’hui

Le récit de la veille : 6h30-7h30 distribution de tracts à la gare de Morges – le soir débat sur la TSR

  • Nombre de courriels concernant la politique : 40
  • Nombre de téléphones concernant la politique : 1
  • Nombre d’heures consacrées à la politique : 6

Dans l’arène…

Un plateau TV, surtout pour un débat électoral de ce type-là, s’apparente vraiment à une arène où gladiateurs et bêtes sauvages se livrent un combat sans pitié. Pour le béotien que je suis, le défi était surtout d’arriver à prendre la parole face à ces Conseillers nationaux qui sont rôdés à ce genre d’exercices…

Je suis intervenu dans le premier débat consacré à la question du franc fort et de la crise économique (à revoir ici). Je crois avoir pu tirer mon épingle du jeu, malgré les logorrhées du Conseiller national UDC qui a dû monopoliser la moitié du temps de parole à lui tout seul… C’est dur de faire passer un message percutant et intelligent en deux prises de parole.

Le débat qui a suivi au sujet de la criminalité était pire encore. On a assisté à un combat de coqs où MM. Lüscher et Freysinger ont rivalisé d’arrogance pour tenter d’écraser l’adversaire. Inutile de dire qu’il ne peut y avoir de débat constructif et intelligent dans ces conditions. Les téléspectateurs ont certainement été déçus de ne pas entendre davantage de réflexions constructives et de solutions innovantes de la part des débattaires.

On relèvera aussi les couacs dans la modération. Romaine Jean et Alain Rebetez n’ont à l’évidence pas su gérer les temps de parole de manière équitable. Certains ont carrément abusé du micro, alors que d’autres n’ont pas eu voix au chapitre. Dommage, car la condition première d’un débat de qualité est l’égalité des armes entre contradicteurs.

Enfin, un petit coup de gueule par rapport à la TSR, qui a permuté au dernier moment l’ordre de passage des sujets tel qu’annoncé à l’avance. Le sujet « criminalité » était initialement prévu en quatrième position, ce qui laissait présager un plus faible taux d’audience. L’UDC, mécontente de ne pas tenir la vedette sur l’un de ses thèmes prioritaires, a pu obtenir que ce sujet soit finalement avancé en deuxième position. Du coup, c’est le sujet vert « par excellence », la politique énergétique, qui a été relégué en quatrième place. C’est tout de même fou ce que les médias sont capables de faire lorsqu’il s’agit de faire de l’audience avec des thèmes prétendument plus porteurs...

04/10/2011

J-19 : Une cimenterie peut-elle être écolo ?

"Blog-notes" de campagne: http://raphael.mahaim.ch

Hier soir, nous avons visité avec les Verts vaudois la cimenterie d’Holcim à Eclépens dans mon district. Holcim fait souvent figure d’exemple en matière de durabilité des processus de production. Mais la question dérangeante demeure : jusqu’à quand pourra-t-on continuer à exploiter les roches calcaires – non renouvelables – pour fabriquer du ciment et du béton ?

D’abord, le compte-rendu de la veille et le programme de la journée :

Le programme du jour : 7h00-8h30, distribution de tracts à la gare de Nyon – matinée séance de groupe parlementaire – midi à 14h, séance du bureau des Verts VD – après-midi session parlementaire

Le récit de la veille : 6h30-8h distribution de tracts à la gare de Morges pour notre action « 3ème voie CFF » - visite d’Holcim en fin d’après-midi

  • Nombre de courriels concernant la politique : 70
  • Nombre de téléphones concernant la politique : 5
  • Nombre d’heures consacrées à la politique : 6

Une cimenterie peut-elle être écolo ?

Dans le cadre de notre axe de campagne « économie verte », nous avons visité hier soir la cimenterie d’Holcim à Eclépens. Le savoir-faire et la capacité d’innovation des ingénieurs de ce site d’Holcim – souvent considéré comme précurseur – forcent l’admiration : utilisation de déchets en tout genre (pneus, plastiques, boues de step, etc.) pour remplacer le combustible classique du four (charbon mélangé avec des résidus du raffinage du pétrole) ; production d’énergie thermique pour le chauffage à distance des communes environnantes ; grand respect des sites archéologiques trouvés sur le site d’extraction des roches ; projet en cours de production d’énergie électrique à partir de la chaleur du four (cogénération) ; production de ciment destinée au marché suisse à l’exclusion de l’exportation, etc.

Les multiples certifications en durabilité et distinction reçues par Holcim ne parviennent toutefois pas à masquer la question centrale de cette industrie : l’extraction de roches calcaire à des fins de production de ciment est-elle durable ? A l’évidence, la réponse est négative : les émissions de CO2 tout au long du processus de production restent considérables ; les réserves de ces roches sont épuisables ; le béton en tant que matériau de construction n’est pas connu pour être particulièrement respectueux de l’environnement…

Comme le disait très justement Luc Recordon au micro de la TSR suite à la visite : dans le contexte actuel, c’est probablement une concession à laquelle l’on ne peut pas échapper au vu des besoins en ciment de notre économie. Il faut alors se réjouir qu’Holcim fasse tout ce qui est en son pouvoir pour réduire l’empreinte environnementale de ses activités.

Mai il reste surtout à espérer que l’on trouve rapidement des substituts renouvelables au ciment…

Quelques impressions de la visite en images :