20/09/2012

Aménagement du territoire: la réplique à P. Nantermod

Lors du débat de mardi au Grand Conseil au sujet de l’aménagement du territoire, j’ai plaidé pour que le canton de Vaud ne rejoigne pas le Valais comme signataire du référendum cantonal contre la révision de la loi fédérale. La Grand Conseil a finalement suivi cette position. Une petite pique à l’encontre du Valais n’a pas manqué de faire réagir nos amis valaisans, dont Philippe Nantermod qui y consacre un billet sur son blog du jour. Petite réplique en 10 points.

Je vois que Philippe, tu as réellement de la peine à digérer cette petite pique. Alors permets-moi de te donner la réplique à propos de cette fameuse révision de la loi fédérale sur l’aménagement du territoire (LAT):

1) Je ne me sens nullement en position de donner des leçons à qui que ce soit; j’ai uniquement plaidé pour que le canton de Vaud ne rejoigne pas le canton du Valais dans le camp des cantons soutenant le référendum des cantons contre la LAT, et ce pour des questions de fond et d’image. Cet argument (entre autres) a fait mouche, puisque la majorité du Grand Conseil vaudois (à droite) a suivi cette position.

2) J’assume en revanche pleinement l’affirmation selon laquelle le canton du Valais est très mauvais élève en matière d’aménagement du territoire. Ce n’est d’ailleurs pas moi qui le dis, mais (notamment) le très libéral Avenir suisse, qui classe VS en toute queue de peloton, très en retard notamment dans les domaines que la LAT révisée souhaite améliorer.

3) Je n’ai jamais affirmé que le canton de Vaud faisait tout juste. Nous nous battons d’ailleurs comme des lions avec les Verts vaudois pour infléchir la politique vaudoise dans le bon sens. Mais il reste que Vaud est tout de même dans une position nettement moins défavorable dans cette fameuse étude d’Avenir Suisse, et dans d’autres études aussi d’ailleurs.

4) La comparaison entre la protection du Cervin et celle de Lavaux est un peu grossière. Et je note au passage que tu rends hommage à Weber pour son travail en Lavaux, c’est sympa de ta part.

5) Pour les défenseurs auto-proclamés du fédéralisme, la seule loi fédérale sur l’aménagement du territoire acceptable serait une loi avec un unique article disant “les cantons sont souverains en matière d’aménagement du territoire”. Un tel fédéralisme ressemble pour moi plutôt à une coquille vide. Fédéralisme ne rime pas avec immobilisme.

6) A propos de fédéralisme, mettras-tu le même zèle à t’opposer à l’extension des horaires d’ouverture des magasins votée ces temps à Berne au mépris des compétences cantonales? Permets-moi d’en douter, et de regretter infiniment ce fédéralisme à géométrie très variable.

7) Je prétends, avec le Conseil fédéral, les Chambres et bien d’autres encore, que cette révision de la LAT vise précisément à défendre le fédéralisme. Elle ne modifie en rien la répartition des compétences entre les cantons et la Confédération, contrairement à l’initiative sur le paysage qui prévoit un transfert de compétences vers Berne. Si les principes généraux que la loi prévoit ne plaisent pas à certains lobbys et au canton du Valais, c’est une autre affaire.

8) A propos de la LAT, il faut cesser de dire en Valais que c’est un diktat de Berne. Je rappelle que cette révision, élaborée en partenariat avec les cantons, est soutenue par la Conférence intercantonale des directeurs de l’aménagement du territoire, à la quasi-unanimité. Cette conférence est tout sauf un repère d’ayatollahs de l’écologie. A ce jour, aucun canton n’a fait sienne la position du Valais; de nombreux cantons ont en revanche déjà confirmé leur soutien à la LAT révisée. C’est donc pour l’instant “le Valais contre tous” au niveau des cantons.

9) Parmi les soutiens à cette révision, on citera la notoirement gauchisante Union Suisse des paysans ou la tout autant écologiste Association suisse des propriétaires fonciers. Je relève également que la version finale de la loi a été acceptée par 108 voix contre 77 au Conseil national et par 30 voix contre 10 au Conseil des Etats. Sachant que la gauche (y compris les Verts) détient environ un (gros) tiers des voix à l’Assemblée fédérale, les calculs sont vite faits. Mais il est toujours plus facile de flinguer en public les écologistes que de convaincre les nombreux collègues du PLR qui ont voté en faveur la loi…

10) En définitive, peu importent ces questions de “politique politicienne”. Ce qui compte c’est l’enjeu de cette votation, soit la lutte contre le bétonnage et le mitage du territoire. Et sur ce point, je conçois volontiers qu’un écologiste vaudois et un radical valaisan ne soient pas du même avis. Le débat politique en vue de la votation qui aura lieu en mars ne fait que commencer. Et je suis impatient d’en découdre!

Commentaires

Monsieur Mahaim,

J'espère que votre prochain billet aura pour titre:

"Aménagement de l'exécutif à Morges, la réplique (de l'électorat)aux Verts"

Si votre analyse du résultat des Verts à Morges ne vous permet pas de déterminer la raison de votre misérable résultat, je vous propose une piste:

L'exemple catastrophique de la gande soeur de l'Est et son exécutif composé de deux Verts a probablement refroidi l'électorait morgien.
Surtout que sur ce site vous défendez l'indéfendable. Vous défendez le plus "important" des deux.
Mais si! je suis certain que vous savez de qui je parle!
Voilà! Exactement!... De celui qui, un verre dans le nez, pique du nez devant votre nez lorsque, nez en moins, vous vous exprimez.

Je parle du mâtin qui règle les conflits internes de la Muni par "Matin Dimanche" interposé.

- Je parle du bonhomme capable de virée pantagruélique, le verre à pied à la main... Semaine du goût, semaine des goûts. Le Vert tue... toute idée de vertu politique... Semaine dégoût!
- Je parle de celui à qui vous devriez donner un coup de main à l'aide du pied. un pied bien placé.
- Je parle de virée, mais aussi de le virer.
- Je parle de vous en débarrasser avant que le ver ne pourrisse totalement le fruit vert... Même si vous trouvez la punition "c'est vert"!

Écrit par : Baptiste Kapp | 24/09/2012

Bonjour M. Kapp. Le résultat morgien est sans appel en effet. Nous avons pris un risque - il faut en prendre dans une démocratie! - et nous avons perdu. Il faut être bon perdant. Vincent Jaques a parfaitement mérité sa place de syndic. Quant à Lausanne, et bien oui, probablement que certains déboires récents ont terni l'image des Verts. Mais pour nous autres Morgiens, ce serait trop facile de remettre la faute sur les autres. On va déjà tirer les leçons à l'interne de notre échec! Salutations...

Écrit par : Raphaël Mahaim | 24/09/2012

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