25/10/2011

J+2: La fin de l'aventure...

Les résultats vaudois pour le Conseil national sont enfin tombés hier soir. Il aura fallu 24 heures de plus au canton de Vaud pour terminer la saisie des résultats en raison d’une panne informatique. Notre beau canton a fait parler de lui dans toute la presse suisse pour ce retard...

Du côté des Verts vaudois, c’était une forte déception à l’annonce définitive des résultats. Nous avons perdu un siège au Conseil national et régressé ainsi à deux fauteuils. En termes de force électorale, nous avons subi un tassement significatif par rapport aux précédentes élections de 2007. Le temps de l’analyse de ce résultat décevant viendra dans les prochaines semaines. D’autant que du côté des Verts suisses, c’est également une défaite amère. Les Verts perdent 5 sièges à Berne et se retrouvent amputés de plusieurs excellents Conseillers nationaux qui ont manqué leur réélection.

Dans le canton de Vaud, nos deux Conseillers nationaux sortants Adèle Thorens Goumaz et Christian Van Singer occupent les deux premières places derrière Luc Recordon, dont la réélection au Conseil des Etats est en très bonne voie.

En ce qui me concerne, je suis très fier du résultat obtenu pour cette première candidature au Conseil national : 15'513 voix, ce qui me permet de terminer comme deuxième « viennent-ensuite » derrière ma collègue Vinciane Frund. Si nous n’avions pas perdu l’un de nos sièges, j’aurais pu nourrir quelque espoir d’entrer au Conseil national en cours de législature. Dans ce contexte évidemment, les chances paraissent plus minces. Mais ce n’est que partie remise, je l’espère !

L’aventure se termine ainsi pour cette élection. C’était réellement passionnant et très enrichissant, éprouvant aussi. Je tiens à vous remercier du fond du cœur, famille, amis et proches, du magnifique soutien que vous m’avez apporté tout au long de cette campagne. J’ai reçu un nombre incalculable de messages de soutien et d’encouragements. Un immense merci également à toutes les personnes qui m’ont accordé leur confiance dans l’urne !

Le temps est maintenant venu de prendre quelques jours de repos, avant de se remettre au travail pour la campagne de Luc Recordon pour le deuxième tour du Conseil des Etats (13 novembre) et pour celle de Béatrice Métraux au Conseil d’Etat (27 novembre).

21/10/2011

J-2: Les dernières 48 heures

"Blog-notes" de campagne: http://raphael.mahaim.ch

Nous y sommes presque. C’est un peu le calme avant la tempête. Nous battrons le pavé pendant quelques heures encore, puis ce sera le moment tant attendu et redouté : celui des résultats…

Au programme de ces prochains 48 heures : une distribution de tournesols cet après-midi à la gare de Lausanne ; un marché demain matin à Morges, puis encore un débat radiophonique samedi après-midi sur la chaîne universitaire « fréquence banane ». Nous allons tenter d’encourager les dernières personnes hésitantes à se rendre aux urnes. Après dimanche, il sera trop tard et il faudra attendre quatre ans avant de pouvoir changer les choses…

A ce stade, il semble que la participation soit en baisse par rapport aux élections de 2007. Le nombre d’enveloppes de vote déposées auprès des greffes communaux est inférieur à celui d’il y a quatre ans à la même période. C’est inquiétant. Cela signifierait-il que le désintérêt pour la politique va croissant au sein de la population ? Il reste à espérer que de nombreuses personnes iront déposer leur enveloppe de vote à la dernière minute…

Dimanche, ce sera une longue journée. Le matin, j’irai sans doute faire une promenade en forêt pour chercher des champignons – la saison est excellente – et pour décompresser. Vers midi, je me mettrai en route pour Genève où je suis attendu sur le plateau de la TSR à 14h10. Ce sera difficile de raconter quelque chose d’intéressant ; nous ferons très certainement de la « sculpture sur nuages », dès lors que les résultats ne seront pas encore tombés. Idem pour le passage sur le plateau de la RSR prévu à 15h. Le temps sera ensuite venu de rentrer sur Lausanne et de rejoindre mes collègues au « stamm des Verts ». Nous passerons l’après-midi et la soirée au Palais de Rumine à attendre les résultats. Les premières tendances pour le Conseil des Etats tomberont vers 15h30 ; les premières tendances pour le Conseil national en début de soirée. Les résultats définitifs pour le Conseil national, avec la répartition nominale des sièges, est attendue pour la fin de soirée, voire même pour lundi matin.

Ce sera le dernier billet de ce « blog-notes » de campagne. Je reviendrai bien entendu après les élections pour une analyse des résultats et une petite réaction. Mais s’agissant de la campagne elle-même, la boucle est bouclée. Il ne reste plus qu’à espérer que les idées vertes sortent renforcées de ces élections. Les dés sont jetés…

20/10/2011

J-3 : Priorité « utopiste » no 5 : une loi fédérale contre la surconsommation

Voici la dernière de mes cinq priorités « utopistes » : une loi fédérale contre la surconsommation. Nous vivons dans une société de gaspillage. Dans la vie de tous les jours, nous consommons de nombreuses ressources naturelles dont nous pourrions aisément nous passer sans diminution de confort. Il faut une vision ambitieuse et volontariste de la lutte contre le gaspillage…

D’abord, le compte-rendu de la veille et le programme de la journée :

Le programme du jour: 11h conférence de presse de lancement de campagne de Béatrice Métraux pour le Conseil d’Etat vaudois

Le récit de la veille : j’ai renoncé à la distribution de tournesols pour cause de méchante crève…

  • Nombre de courriels concernant la politique : 35
  • Nombre de téléphones concernant la politique : 1
  • Nombre d’heures consacrées à la politique : 1

Priorité « utopiste » no 5 : une loi fédérale contre la surconsommation

En étant un peu attentif au quotidien, on se rend rapidement compte de la quantité de biens matériels gaspillés chaque jour dans notre société. Les exemples foisonnent. Je pense notamment aux emballages en plastique, au matériel électronique qui se démode à une vitesse éclair, aux gadgets ménagers que l’on remplace à peine endommagés, à tous les appareils consommant une énergie folle en mode stand-by, etc. Il faut à tout prix apprendre à faire mieux avec moins.

Je suis convaincu qu’il est non seulement vital, mais aussi politiquement réaliste à moyen terme, d’infléchir cette tendance. Il faut faire de la lutte contre le gaspillage de ressources et d’énergie une priorité politique, ce qui est loin d’être le cas actuellement. La loi fédérale sur la protection de l’environnement contient de nombreuses dispositions permettant de lutter contre la pollution « à la source ». Mais elle est largement incomplète et ne met pas l’accent au bon endroit, notamment sur les travers de « l’hyperconsommation ».

Ce changement de paradigme, nous le demandons avec notre initiative pour une économie verte, dont la récolte de signatures est actuellement en cours. Le texte constitutionnel proposé par l’initiative permettrait d’ancrer dans la Constitution la nécessité d’optimiser l’utilisation des ressources naturelles. Les entreprises exemplaires du point de vue de la consommation de ressources seraient récompensées sur le plan économique, par exemple par la création de labels ou par des allégements fiscaux. C’est l’ensemble de l’économie qui doit préparer sa transformation. Plus elle s’y prendra tôt, mois elle aura de difficultés à affronter la pénurie annoncée de pétrole notamment.

Avec un tel cadre constitutionnel, il serait certainement nécessaire d’adopter une nouvelle législation, que j’appelle ici « loi fédérale contre la surconsommation ». Une telle loi aurait pour objectif de traquer les situations de gaspillage dans notre économie et d’en établir une typologie. Pour chaque type de gaspillage, il serait alors possible de prévoir les mesures idoines. Ici, un système de bonus-malus fiscal, là une interdiction de commercialisation, etc.

On voit dans certains cantons apparaître des initiatives allant dans ce sens. Le canton du Jura a par exemple décidé d’interdire les sachets en plastique dans les magasins. Si une telle mesure est accompagnée d’une mise à disposition de sacs « durables » en tissu, alors à l’évidence cela permet de diminuer le gaspillage de plastique sans provoquer pour autant une baisse de confort…

Il convient aussi de trouver des moyens permettant de lutter contre « l’obsolescence programmée » des produits, notamment électroniques. Un ordinateur, même s’il fonctionne encore très bien, est considéré comme obsolète après quelques petites années de vie ; toute réparation devient impossible, car le fabricant ne produit plus les pièces de rechange. Seule solution : le jeter et le remplacer par un neuf, au profit, bien entendu, du fabricant, qui peut ainsi compter sur une nouvelle marge !

Dans la grande industrie, il ne devrait aujourd’hui plus être possible de choisir des procédés voraces en ressources et en matières premières sous prétexte qu’ils sont légèrement moins onéreux. Les ressources naturelles ne sont pas gratuites non plus...

C’est un immense chantier de réflexions qui s’ouvre à nous. Cela demande du courage, de la volonté politique et un brin d’utopie…