14/10/2011

J-9 : Priorité « utopiste » no 4 : Une refonte totale du secteur financier

"Blog-notes" de campagne: http://raphael.mahaim.ch

Le modèle économique post-moderne a poussé la logique du court terme jusqu’à l’extrême, jusqu’à l’absurde même. La bourse ne sert plus à faciliter les transferts de fonds vers les entrepreneurs en manque de moyens financiers : c’est devenu un immense casino où chaque trader a pour unique tâche de parier sur la chute ou la flambée de telle valeur boursière. Il faut un changement profond de paradigme…

D’abord, le compte-rendu de la veille et le programme de la journée :

Le programme du week-end: marché demain samedi matin à Morges – puis foire aux Sonnailles à Romainmôtier

Le récit de la veille : journée calme

  • Nombre de courriels concernant la politique 35
  • Nombre de téléphones concernant la politique : 1
  • Nombre d’heures consacrées à la politique : 2

Une refonte totale du secteur financier

Avec la crise des subprimes de 2008 et avec celle du franc fort, on peut mesurer à quel point notre système financier est totalement déconnecté de l’économie réelle. La spéculation sur les matières premières et sur les devises ne résulte pas d’une demande au sein de l’économie ; c’est le sous-produit d’un système qui favorise les « paris » à court terme, dans le but avoué de chercher des rendements maximaux. On a parfois réellement le sentiment que la finance mondiale joue à la roulette russe ; les petits épargnants, les PME, les consommateurs sont les dindons de la farce. On est à l’opposé d’un système favorisant la responsabilité. Ceux qui sont à l’origine des crises n’en assument pas les conséquences.

La dérégulation totale du système profite à quelques acteurs qui s’en mettent plein les poches, mais qui menacent l’ensemble de l’économie. L’Etat a perdu (presque) tout contrôle sur les transactions boursières au niveau international. De véritables règles du jeu sont (presque) inexistantes. Les produits financiers échangés sur le marché boursier sont si opaques et si complexes qu’il est souvent impossible d’en connaître la provenance et les chances réelles de recouvrement. Lorsque la coupe est pleine, il suffit d’une goutte d’eau pour la faire déborder. Et alors, l’Etat est appelé à la rescousse pour colmater les brèches. Le contribuable passe à la caisse pour sauver les banques « too big to fail ».

Nous nous contentons actuellement de lutter contre les symptômes. C’est un emplâtre sur une jambe de bois. Il faut s’en prendre aux racines du problème, proposer de nouvelles règles du jeu pour la finance.

Le premier chantier de réflexion est celui des investissements. Il faut désormais favoriser les investissements durables, les investissements qui s’inscrivent dans le long terme. Actuellement, il est malheureusement plus rentable de parier sur des titres très risqués, mais dont le potentiel paraît très élevé à court terme. Peu importe s’il faut revendre le titre en question après quelques heures ou jours, dès lors qu’il rapporte une confortable plus-value ; peu importe surtout si la valeur boursière du titre ne correspond pas à sa valeur réelle : la patate chaude est refilée au suivant, puis au suivant, jusqu’à ce que l’on découvre qu’il est totalement surévalué. La bulle explose alors, au détriment des petits épargnants, des caisses de pension, etc.

A l’image des transactions immobilières, il conviendrait d’imaginer des pénalités pour le titres échangés très rapidement après leur achat. Il faudrait par ailleurs améliorer considérablement la transparence et la lisibilité des titres ; les produits dérivés et autres hedge funds doivent être soumis à des règles beaucoup plus strictes. En outre, pour que les investisseurs sachent à quoi ils ont affaire, il faut développer un système standardisé d’indicateurs de durabilité pour les entreprises cotées en bourse. On pourrait ainsi attribuer une « note » de durabilité à chaque titre…

Un deuxième chantier de réflexion est celui de la fiscalité. En comparaison avec d’autres échanges économiques, les transactions boursières sont très peu taxées, voire pas du tout. En Suisse par exemple, les gains en capitaux obtenus grâce à des transactions boursières sont exonérés de tout impôt. Ainsi, le petit épargnant doit payer des impôts sur les intérêts de sa fortune déposée sur un compte bancaire ; à l’inverse, on ne doit pas payer un centime d’impôt sur les gains obtenus grâce à la revente de titres. C’est profondément injuste.

Au niveau international, il faut impérativement remettre à l’ordre du jour l’idée de taxe Tobin. Cette taxe sur les transactions financières pourrait être aménagée de façon à réorienter les investisseurs vers des produits durables. L’Union européenne a d’ailleurs ouvert une réflexion à ce sujet, ce que l’on ne peut que saluer !

Enfin, il faut revoir entièrement les mécanismes de surveillance des marchés financiers. La finance étant désormais totalement globalisée, il faut se doter d’instruments de surveillance en conséquence. Au vu des intérêts économiques énormes qui sont en jeu, on peut craindre que les Etats n’aient pas le courage de se lancer dans une telle aventure. Pour l’heure, l’OMC, le FMI et la Banque mondiale n’ont malheureusement pas fait montre de beaucoup de courage. A quand une gouvernance mondiale réellement intelligente, au service de l’intérêt général et des générations futures ?

Au sein des Verts suisses, nous sommes actuellement en train d’élaborer un papier de position sur la finance. Le débat se poursuivra donc à l’évidence ces prochains mois. Affaire à suivre !

Commentaires

"Au sein des Verts suisses, nous sommes actuellement en train d’élaborer un papier de position sur la finance. Le débat se poursuivra donc à l’évidence ces prochains mois. " ça veut dire que vous n'en avez pas encore, de position sur la finance... donc, si on vote pour les verts, ce sera un peu un paquet-surprise: on vote d'abord, on saura ce que vous avez comme propositions après. IL faudrait pas faire l'inverse, pour être crédible???

Écrit par : elblablo | 14/10/2011

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