06/10/2011

J-17 : Débat devant 300 gymnasiens

"Blog-notes" de campagne: http://raphael.mahaim.ch

Hier après-midi, j’ai participé à un débat au Gymnase du Burier devant un auditoire très sympathique et remuant de quelque 300 gymnasiens. Un public assez inhabituel en comparaison avec les débats politiques classiques. Et l’occasion aussi de se reposer la question cruciale et très alarmante du fort taux d’abstentionnisme chez les jeunes...

D’abord, le compte-rendu de la veille et le programme de la journée :

Le programme du jour : cet après-midi, brève distribution de tournesols avec les Verts de Lausanne à la gare de Lausanne – 18h30 séance de bilan et de clôture de l’aventure Vivre et voter ici

Le récit de la veille : 6h30-8h séance extraordinaire du bureau des Verts vaudois – après-midi, débat au gymnase du Burier – le soir, débat à Gland avec mes collègues Vinciane Frund et Adèle Thorens sur le thème « Vivre ensemble sur La Côte »

  • Nombre de courriels concernant la politique : 85
  • Nombre de téléphones concernant la politique : 4
  • Nombre d’heures consacrées à la politique : 9

Débat devant 300 gymnasiens

C’est un public aussi particulier que sympathique : entre 200 et 300 gymnasiens venus écouter ce qu’ont à raconter quatre candidats au Conseil national, deux de droite, deux de gauche. Le thème était imposé, ou plus précisément choisi par les élèves du gymnase : la politique migratoire. Un autre débat avait eu lieu quelques jours auparavant au sujet de la politique familiale.

Premier constat : qu’il est difficile de s’adresser à un tel public ! Nous sommes habitués à réciter nos refrains de politicards en casant des mots savants tels que « politiques publiques », « programmes d’investissements », « majorité parlementaire », etc. Du charabia pour des jeunes qui n’ont pour la plupart pas encore la majorité et qui commencent à peine à s’intéresser aux débats politiques. Rien que pour cela, c’était un exercice fort appréciable : tenter de réfléchir différemment, d’aborder les problèmes sous un angle moins technocratique, avec des formules claires et rattachées à la réalité du quotidien.

Deuxième constat : les vecteurs de communication habituels des partis – affiches électorales, tracts, etc. – ont un impact presque insignifiant auprès des jeunes. La « sensibilité politique » se développe ainsi uniquement grâce à deux types de supports : le « 20 minutes » et « internet ». Les autres médias traditionnels – presse écrite, radio ou TV – n’obtiennent que des miettes de « parts de marché » auprès des jeunes.

Troisième constat : une très grande partie de ces jeunes ayant obtenu le droit de vote ne va pas voter. Ceci non seulement par manque d’intérêt (« De toute façon ça sert à rien ! »), mais également par manque d’informations au sujet du système électoral ou des objets de votation (« De toute façon c’est trop compliqué »). Je repense à ce gymnasien qui me demandait après le débat comment faire pour se renseigner au sujet des objets de votation. Il regrettait n’avoir aucun argument à opposer aux discours de ses copains n’ayant pas les mêmes opinions…

Pour nous les Verts, il y aurait beaucoup de leçons à tirer de ce genre d’expérience : cesser de miser uniquement sur nos modes habituels de communication (stands au marché, tracts électoraux, etc.), réorienter notre publicité électorale vers internet et les nouveaux médias, investir du temps et de l’énergie dans le travail de rencontre avec les jeunes, dans le cadre scolaire ou extra-scolaire, etc.

On devrait d’urgence lancer une vaste réflexion à ce sujet. Car c’est l’avenir de la démocratie qui est en jeu. Et nous devons mériter notre slogan de campagne « Les Verts, une longueur d’avance »…

Commentaires

Il est plus facile de convaincre un auditoire de 300 gymnasiens, qui ont été soigneusement préparé à la théorie du tournesol au fusil et au tout écolo, que d'aller faire campagne sur le terrain des réalités.
Car il est plus difficile d'assumer les conséquences que certaines prises de positions peuvent avoir sur l'emploi et le panier de la ménagère!

Écrit par : Jean-Francois Chappuis | 06/10/2011

a cet âge ils sont encore malléables donc d'autant plus réceptifs a ce qui ressemble de plus en plus au chant du coq

Écrit par : caramel | 06/10/2011

Je ne suis de loin pas sûr que l'intérêt des jeunes pour la politique dépende uniquement de l'emploi des nouveaux médias ou de "nouvelles méthodes de communication". Ces propositions relèvent à mon avis plutôt d'une sorte d'oreiller de paresse de la part d'élus qui n'ont pas compris, ou ne veulent pas admettre, que, si les jeunes ne s'intéressent pas à la politique, c'est parce que les élus n'arrivent pas à les y intéresser. C'est généralement le cas parce que le contenu de leur propositions n'a pas d'impact sur la situation des jeunes, ou alors les élus sont incapables d'expliquer en quoi cet impact est réel.
A mon avis, il est possible d'intéresser les jeunes et de les amener aux urnes, mais c'est le contenu des propositions qui en décidera, pas la forme. Je te donne un exemple: lors du vote sur l'assurance-chômage, les syndicats ont mené une campagne destinée aux jeunes, axée surtout sur les contenus. Nous avons tenté de leur expliquer en quoi ils étaient particulièrement concernés, et nous l'avons fait avec des méthodes somme toute assez conventionnelle. Et ça n'a pas trop mal marché: la participation des jeunes à cette votation a été largement au-dessus de la moyenne. Ce n'était pas encore révolutionnaire, mais c'est à mon avis la preuve que, lorsque les jeunes sont concernés et que les élus arrivent à le leur dire (c'est-à-dire prennent le temps de s'adresser à eux), ils vont urnes.

Écrit par : Jean Christophe Schwaab | 11/10/2011

Parfait d'accord avec toi Jean-Christophe. Le contenu est au moins tout aussi important que la forme. Nous avons, au sein des partis, une lourde responsabilité et beaucoup de pain sur la planche...

Écrit par : Raphaël Mahaim | 11/10/2011

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