07/09/2011

J-46 : Dans les coulisses d’un débat TV

"Blog-notes" de campagne: http://raphael.mahaim.ch

Lundi soir, l’émission « Face aux partis » de la TSR était consacrée aux Verts. Mes collègues Vinciane Frund et Antonio Hodgers étaient sur le plateau pour présenter nos idées et propositions pour la législature 2011-2015. J’étais avec de nombreux collègues verts dans le public. L’occasion de me remémorer les premiers débats télévisés auxquels j’ai participé. Ce qui m’a le plus marqué, c’est cette ambiance si particulière qui règne dans les studios en marge d’un débat TV. Un monde à part dont le téléspectateur ne perçoit qu’une infime partie…

D’abord, le compte-rendu de la veille et le programme de la journée :

Le programme du jour : Aucune séance en perspective, mais beaucoup de travail notamment pour le recours « Lavaux » et pour répondre à une consultation cantonale concernant une modification de la loi sur l’aménagement du territoire

Le récit de la veille : La journée a été complètement chamboulée par le décès soudain du Conseiller d’Etat Jean-Claude Mermoud. La session parlementaire a été annulée. Il suffit de lire la presse du jour pour se rendre compte à quel point les autorités vaudoises sont ébranlées par cette disparition. Même si je ne le connaissais pas très bien personnellement, je l’ai beaucoup côtoyé au Grand Conseil et lors de séances de commissions parlementaires. Son calme et sa capacité de dialogue m’ont toujours impressionné.

  • Nombre de courriels concernant la politique : 55
  • Nombre de téléphones concernant la politique : 2
  • Nombre d’heures consacrées à la politique : 5

Dans les coulisses d’un débat TV

Le premier débat de la TSR auquel j’ai participé était un débat de politique européenne pour l’émission infrarouge. Je me souviens encore parfaitement des quelques heures qui ont précédé le débat. Il y a d’abord ces questions pratiques stupides que l’on se pose à chaque fois : comment s’habiller ? faut-il manger quelque chose avant ou après ? faut-il prendre avec soi des documents particuliers ? Puis vient le moment de rejoindre la « Tour » de la TSR à Genève en transports publics. Avec le trafic de fin d’après-midi, cela ne se passe jamais aussi bien que prévu. Au fil des feux rouges qui bloquent le tram en ville de Genève, on commence à redouter de plus en plus d’arriver tout transpirant à la dernière minute…

L’arrivée à la réception des locaux de la TSR est l’un des moments les plus coquaces. Le dialogue est d’ailleurs presque à chaque foi identique. J’annonce non sans une pointe de fierté : « Bonjour, je suis attendu pour le débat Infrarouge de ce soir ». Ce à quoi on me répond sans sourciller : « Ah, vous venez pour le public ? ». « Non, je fais partie des invités sur le plateau » suis-je obligé de rétorquer avec amusement. Il faut ensuite quelques secondes à mon interlocuteur pour reprendre ses esprits et poser la question  : « Ah, et vous êtes qui ? ».

Une fois les présentations terminées, un employé de la TSR sorti de nulle part vient chercher les invités qui attendent dans le hall en se regardant en chiens de faïence. Et commence alors le long parcours du combattant dans la forteresse TSR. On se demande à chaque fois si l’on se fait conduire au donjon ou dans les oubliettes. Il y a tant de studios, de couloirs sans fin et de portes mystérieuses qu’il devient rapidement impossible de retrouver son chemin.

On nous fait ensuite entrer dans « l’anti-chambre » du studio : une petite salle d’attente équipée d’une confortable canapé et d’une télévision qui diffuse en direct les programmes de la TSR. Sur la table basse devant le canapé, il a y quelques boissons fraîches et un petit apéritif. Lors de mon premier débat pour Infrarouge, l’invité principal était Christoph Blocher. Ces quelques minutes passées en sa compagnie dans ce petit salon étaient assez étranges : les présentations, mondanités et platitudes au sujet de l’actualité du jour n’ont pas totalement comblé le silence assourdissant de la salle. Avec les invités qui n’ont pas l’habitude de ce genre d’exercices, en revanche, on développe assez rapidement une complicité qui doit ressembler à celles des gladiateurs avant d’entrer dans l’arène.

Ultime étape avant de se rendre sur le plateau, le maquillage. Pour les femmes, c’est sensiblement plus délicat. Pour les hommes, un peu de poudre suffit en règle générale. J’ai d’emblée été frappé par le travail remarquable accompli par les maquilleuses. Elles voient défiler tout ce que la Suisse compte de people, célébrités et politicards ; elles sont un chaînon irremplaçable de la préparation des émissions, mais travaillent pourtant dans l’ombre, jour et nuit, avec des horaires irréguliers et sous une pression permanente.

L’arrivée sur le plateau évoque une fourmilière aux heures de pointe ; des dizaines de techniciens s’activent à gauche et à droite pour préparer les prises de son et les caméras ; le responsable du studio donne des instructions au public et tente de détendre l’atmosphère avec quelques boutades ; la présentatrice – en l’occurrence Esther Mamabarchi pour Infrarouge – répète en boucle à voix basse ses quelques phrases d’introduction ; les maquilleuses refont un passage pour apporter les dernières retouches et poser les micros. Le compte à rebours annoncé par les techniciens de la régie rythme cette intense activité. Au fur et à mesure que les minutes s’égrènent, le plateau s’éclaircit. Il ne reste bientôt plus que les invités et la présentatrice.

Le débat peut alors commencer. Il s’agit désormais de tirer son épingle du jeu, de faire passer ses idées sans cafouillages ni hésitations. Un direct à la TV ne pardonne pas. Un faux pas et l’adversaire en profitera sans vergogne. Les mondanités, politesses et autres platitudes sont bien vite oubliées.

→ Débats Infrarouge à revoir:

  • La Suisse, un paradis, l'Europe, un enfer? - juin 2011 (Yves Nidegger, Raphaël Mahaim, Pascal Gentinetta, Aldo Ferrari, Blaise Matthey, Nicolas Levrat, Michel Juvet, Abraham Zisyadis)
  • Rail, route, tous à la caisse? - avril 2011 (Géraldine Savary, André Bugnon, Niklaus Lundsgaard-Hansen, Raphaël Mahaim, Caroline Beglinger, Patrick Eperon, Mathieu Fleury)
  • Elections au Conseil fédéral - septembre 2010 (Christian Levrat, Fulvio Pelli, Christophe Darbellay, Ueli Leuenberger, Jean-François Rime, Suzette Sandoz, Maria Roth-Bernasconi, Raphaël Mahaim, Jacques Deillon, Cédric Wermuth, Lucrezia Meier-Schatz, Bernard Rüeger)
  • Crise européenne: Le duel Blocher-Pilet- juin 2010 (Christoph Blocher, Jacques Pilet, Pierre Maudet, Jacques Deillon, Raphaël Mahaim, Paul-André Roux)

Commentaires

Merci pour votre article détaillé !

Écrit par : Lettre de voiture | 19/09/2011

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