05/09/2011

J-48 : Une idée en avance sur son temps

"Blog-notes" de campagne: http://raphael.mahaim.ch

Hier à midi, le couperet est tombé. La population vaudoise a rejeté à une large majorité l’initiative « Vivre et voter ici » pour les droits politiques des étrangers sur le plan cantonal. Après plus de deux ans de travail intense, la déception est évidemment amère.  Mais c’est une idée résolument en avance sur son temps…

D’abord, comme d'habitude, le compte-rendu du week-end et le programme de la journée :

Le programme jour : le soir, je serai dans le public de l’émission « Face aux partis » de la TSR à laquelle participent mes collègues des Verts Vinciane Frund et Antonio Hodgers. Ce sera pour moi un « tour de chauffe » avant le grand débat TSR du 12 octobre où je serai sur le plateau

Le week-end en bref : samedi matin, brève distribution de tracts au marché de Morges, les Verts de Nyon ayant renoncé à tenir un stand – dimanche après-midi consacré aux réactions suite aux résultats des votations vaudoises

  • Nombre de courriels concernant la politique : 95
  • Nombre de téléphones concernant la politique : 10
  • Nombre d’heures consacrées à la politique : 10

Une idée en avance sur son temps !

Hier, dès midi, nous avions rendez-vous avec les collègues du comité de l’initiative « Vivre et voter ici » pour attendre les résultats du scrutin. C’était évidemment une immense déception de voir petit à petit les résultats tomber dans toutes les communes vaudoises. Nous avons rapidement compris que les « carottes étaient cuites ».

La majorité de la population vaudoise n’a pas souhaité étendre les droits politiques au plan cantonal, malgré le bilan positif sur le plan communal. L’argument qui a pesé le plus lourd dans la balance est très certainement celui de la naturalisation. Pour une majorité de la population vaudoise, les droits politiques restent inextricablement liés à la nationalité, même sur le plan cantonal. Nous avons tenté de montrer que sur le plan local, la couleur du passeport n’est pas décisive pour l’octroi des droits politiques. Mais c’est un message subtil et peu aisé à transmettre.

« Vivre et voter ici » proposait une idée résolument en avance sur son temps. A l’image du droit de vote des femmes, la question des droits politiques locaux des personnes de nationalité étrangère est une débat qui s’inscrit sur le long terme. Il nous reste maintenant à poursuivre notre travail sur le terrain pour faire progresser cette idée. Les pionniers qui ont pour la première fois porté ce débat sur la place publique, il y a quelques décennies, doivent déjà être heureux de voir que dans de nombreux cantons, ces droits sont devenus une évidence sur le plan communal. Il nous reste maintenant à poursuivre cet engagement sur le long terme.

Je n’ai absolument aucun regret. Nous avons fait ce que nous pouvions faire avec les moyens qui étaient les nôtres. Cette campagne nous a permis de mettre en avant l’apport inestimable des personnes de nationalité étrangère dans le canton. Je suis convaincu que ce message a passé, même si cela n’a pas suffi pour faire une majorité. La politique, c’est aussi cela : savoir parfois perdre pour faire progresser une cause…

→ Quelques échos dans la presse hier soir:

  • Réaction sur le Plateau de La Télé (à revoir ici)
  • Réaction (en allemand!) au Tagesschau de Schweizer Fernsehen (à revoir ici)
  • Réaction à l'émission "Forum" de la RSR (à écouter ici)

Commentaires

"Une idée en avance sur son temps".Vous vous trompez lourdement.

Le droit de vote des femmes étaient une injustice. Certe il a fallu du temps, mais l'issu était connu.

Votre initiative est une philosophie. Son point faible est qu'il ne répare aucune injustice, vu qu'il y a une possibilité d'être élu en étant suisse.

A mon avis votre initiative a fait un tort au parti vert, et dans une moindre mesure la gauche. Les verts apparaissent une fois de plus comme des gens peu compétent à gouverner au niveau de l'Etat, embrouillé qu'ils sont dans leurs dogmes.

Écrit par : roket | 05/09/2011

Tout à fait d'accord roket. Mon père est français, établi en Suisse depuis 1967. Il n'a jamais voulu se faire naturaliser. J'aurais donc beaucoup de peine à comprendre qu'il ait le droit de voter et de se faire élire en Suisse (alors qu'il a toujours le droit de vote et d'éligibilité en France !). Initiative totalement démagogique et populiste.

Écrit par : Pascal D. | 05/09/2011

Il me semble que de prétendre qu'il s'agissait d'une idée en avance sur son temps et tout simplement démagogique et hautain ! Encore eut-il fallu connaître le fonctionnement de nos institutions, la pensée du peuple et en tenir compte. Ce genre d'initiative n'est pas passée et ne passera pas demain non plus !

Écrit par : Steeve | 05/09/2011

"Une idée en avance sur son temps"

Peut-être avez-vous raison, qu'il s'agit bien là d'une idée en avance sur son temps. Mais nous parlons bien là d'au moins 350 années, voir 1000 ans d'avance sur son temps.

Car effectivement, l'idée de "vivre et voter ici" remet en question l'idée même de ce qu'est un Pays. Cela remet en question l'idée d'appartenance de chacun, de son origine, de comprendre son passé pour mieux évaluer son avenir. Le jour où la Terre sera constituée d'un seul pays, peut-être que "vivre et voter ici" aura peut-être un avenir.

Ce qui implique:
- Qui sera fait soit sera fait par l'interval d'une guerre mondial, et qu'une nation ait conquit le monde (qui aura exterminé les populations locales qui ne voudront pas changer de culture)
- Ou qui se fera de manière naturel avec le temps (et au vu de l'avancement de l'Europe ses 15 dernières années, on peut se dire que mondialement, 300 ans, ne seront pas suffisant).


Car si les suisses défendent leur pays comme ils l'aiment et ne veulent pas adhérer à l'europe par exemple. C'est justement pour que des européens (ou de personne vencant d'ailleurs) ne viennent pas reproduire le schema qu'ils ont quitté pour le reproduire en Suisse et que l'on ne souhaite justement pas.

Si la population avait deja accordé le droit de vote au plan communal, ce n'est visiblement pas dans le but de faire une étape jusqu'au niveau fédéral. Mais de la tolérance et l'ouverture.

Écrit par : DdD | 05/09/2011

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