31/08/2011

J-53 : Les Verts, une longueur d’avance !

"Blog-notes" de campagne: http://raphael.mahaim.ch

Après plusieurs articles portant sur le quotidien de la campagne électorale, voici un billet de fond consacré au programme des Verts pour les élections fédérales. Car, en définitive, ce qui compte avant tout, ce sont les idées défendues par les différents partis. Cette année, c’est avec le slogan « Les Verts, une longueur d’avance ! » que les Verts vaudois font campagne… Mais d’abord, comme de coutume, le récit de la veille et le programme de la journée.

Le programme de la journée : journée habituelle au bureau – séance du comité des Verts de Morges le soir

La journée de hier en bref : distribution de tracts « Vivre et voter ici » à la gare de Lausanne dès 6h30 – séance de groupe parlementaire entre 8h30 et 9h30 – Grand Conseil toute la matinée, débats au sujet de la réforme policière – intéressante séance à midi au sujet des recours judiciaires déposés par les Verts au Tribunal fédéral – session parlementaire l’après-midi ; débats largement consacrés à la politique pénitentiaire – séance du bureau des Verts VD à 17h15

  • Nombre de courriels concernant la politique : 65
  • Nombre de téléphones concernant la politique : 5
  • Nombre d’heures consacrées à la politique : 12

Les Verts, une longueur d’avance !

La 14 mai dernier, les Verts vaudois ont adopté en assemblée générale leur programme électoral pour les élections nationales d’automne. Ce programme se fonde sur trois axes prioritaires : « une gestion responsable des ressources naturelles », « la qualité de vie » et « une Suisse ouverte ». L’idée était de dépasser les trois critères traditionnels de la durabilité (écologie, social, économie) pour proposer une nouvelle grille de lecture.

Dans le premier de ces trois axes, on retrouve les thèmes classiques chers aux écologistes : abandon du nucléaire, développement des énergies renouvelables, protection du climat, préservation du paysage et de la biodiversité, etc. Ces thèmes se déclinent en toute une série de propositions concrètes allant d’un renforcement des normes d’efficience énergétique à la création de nouveaux parcs naturels régionaux en passant par une interdiction d’importation des denrées alimentaires produites dans des conditions sociales et écologiques inadmissibles.

Le projet écologiste est un projet fondamentalement humaniste. Il ne peut y avoir d’écologie dépourvue de vision sociétale (voir à ce sujet l’article « Pas d’écologie sans équité sociale »). Le combat écologiste se doit dès lors d’accorder une importance toute particulière à la cohésion sociale. C’est l’objectif que poursuit le deuxième axe de campagne. Celui-ci aborde, en vrac, l’aménagement du territoire, les transports, la formation, la politique de la santé, etc. Tous ces sujets ont un point commun : l’intérêt général doit primer les intérêts particuliers. Les Verts ne défendent jamais d’intérêts sectoriels ; ils prennent leurs décisions selon leur conscience, sans dépendre d’aucun lobby économique ou financier.

Le troisième axe de campagne « Suisse ouverte » me tient tout particulièrement à cœur. Il aborde le thème de la place de la Suisse dans le monde. Dans un contexte de politique migratoire particulièrement tendu, il nous appartient de montrer un autre visage de la Suisse que celui des affiches aux moutons noirs. Nous voulons vivre dans une société qui rassemble et non qui divise. Nous voulons une Suisse fière de ses idéaux humanitaires et pacifistes ; nous refusons catégoriquement de chercher des boucs émissaires prétendument responsables de tous les maux dont souffre le pays.

Enfin, un petit commentaire au sujet du slogan de campagne « Les Verts, une longueur d’avance ». Depuis l’apparition des écologistes sur la scène politique, nous avons fait de la vision à long terme l’un de nos principaux chevaux de bataille. C’est probablement l’un des plus grands drames actuels de l’humanité : une incapacité crasse à dépasser les intérêts du court terme. Après une catastrophe écologique, tous les gouvernant jurent leurs grands dieux que cela « n’arrivera plus jamais ». Pourtant, une fois le soufflé retombé, on commet à nouveau les mêmes erreurs. Qui donc pense encore à la marée noire du Golfe du Mexique d’avril 2010 ? Au printemps de cette année, Shell annonçait de nouveaux forages offshore au beau milieu de la grande barrière de corail…

Lorsque, en l’absence de tout accident, les écologistes mettent en garde contre les risques d’une technologie, on les qualifie d’alarmistes. Lorsqu’ils réagissent suite à un accident, on les taxe d’opportunistes. Je dirais pour ma part simplement que les Verts sont réalistes et responsables. Car nous ne voulons pas que les générations futures payent le prix de nos bêtises.

30/08/2011

J-54: Une bonne surprise dans la presse

"Blog-notes" de campagne: http://raphael.mahaim.ch

Je n’avais pas eu le temps de lire la presse hier matin. En distribuant des tracts l’après-midi à Lausanne, un collègue du comité d’initiative « Vivre et voter ici » m’a félicité pour un article paru dans le journal 24 heures du jour. « Ah oui, de quoi s’agit-il » ai-je répondu un peu emprunté ? Il s’agissait d’un article faisant le point sur les chances des nouveaux candidats au Conseil national. Avant d'en dire davantage, le point sur le programme du jour et la journée de hier en bref.

Le programme de la journée : distribution de tracts « Vivre et voter ici » à la gare de Lausanne dès 6h30 – séance de groupe parlementaire entre 8h30 et 9h30 – session parlementaire au Palais de Rumine toute la matinée – repas-séance avec deux avocats pour parler de nos recours « déchets » et « Lavaux » entre midi et 14h – session parlementaire l’après-midi – séance du bureau des Verts VD à 17h15 – dès 18h, distribution de tournesols avec les Verts à la gare de Lausanne

La journée de hier en bref : commission parlementaire l’après-midi – de 17h à 18h, « flash-mob » pour « Vivre et voter ici » et distribution de tracts

  • Nombre de courriels concernant la politique : 85
  • Nombre de téléphones concernant la politique : 4
  • Nombre d’heures consacrées à la politique : 6

Une bonne surprise dans la presse

Le quotidien vaudois 24 heures a publié dans son édition de hier un article au sujet des élections fédérales prochaines, et plus précisément au sujet des nouvelles candidates et nouveaux candidats ayant une chance de décrocher un siège. Et il se trouve que j’y figure. J’ignorais tout de cet article – les journalistes de 24 heures n’ont pas contacté les personnes concernées – et la surprise a donc été d’autant plus sympathique lorsqu’on m’en a parlé hier après-midi.

Cet article m’inspire cependant une petite réflexion. Jusqu’à aujourd’hui, j’ai eu la chance de bénéficier d’échos positifs dans la presse. Certes, il y a eu quelques rares et inoffensifs coups de griffe. L’article de hier affirme par exemple que « j’agace parfois dans mon propre parti qui n’aime pas les têtes qui dépassent ». Remarque intrigante qui me laisse un peu perplexe : elle ne correspond ni à la perception que j’ai des Verts vus de l’intérieur, ni aux retours que j’ai de mes collègues quant à mon travail effectué pour le parti. Mais passons. Pour le reste, les articles à mon propos ont plutôt été élogieux (voir la page portrait). Ces articles m’ont fréquemment valu des réactions sympathiques et enthousiastes de la part de mes proches.

Mais le vent peut tourner. Un élu encensé hier par les médias peut, demain, devenir une cible de prédilection. On ne sait pas toujours à quoi cela tient. Erreur politique ? Gaffe dans la presse ? Lassitude ? Changement de perception de la presse ? Pour l’instant, je « mange mon pain blanc ». Il se peut que le temps du « pain noir » arrive un jour. Mes proches sauront-ils alors faire la part des choses ? Lorsque l’on découvre dans la presse que telle personne est sortie en dernière position du récent « ranking » des parlementaires, arrive-t-on à ne pas céder à la tentation de se dire : « il doit bien y avoir du vrai là-dedans » ? J’émets ainsi un souhait : que mes proches et collègues des Verts prennent les compliments d’aujourd’hui avec autant de pincettes que les éventuelles critiques de demain. La politique, c’est un peu comme la haute montagne. Même lorsqu’il fait beau temps, il faut toujours anticiper l’arrivée d’un orage.

Ah oui, une dernière chose : merci d’oublier aussi vite que possible l’affreuse photo dans ce fameux article...

29/08/2011

J-55 : Politique vs Coca-Cola

J-55 : Politique vs Coca-Cola

"Blog-notes" de campagne: http://raphael.mahaim.ch

En Suisse, quoi qu’on en dise, la politique est un immense tabou. Avec ses voisins et ses connaissances, on ne parle pas politique. Demander à quelqu’un ce qu’il a voté lors du dernier scrutin relève du blasphème ; c’est presque aussi grave que de s’enquérir de son salaire. Le débat démocratique sur la place publique est mal perçu. Ainsi, distribuer des tracts est une activité considérée comme « sale » en comparaison à la distribution commerciale de produits publicitaires. J’en ai encore fait l’expérience la semaine dernière. A la gare de Lausanne, nous étions en concurrence avec Coca-Cola…

Mais d’abord, comme d’habitude, le programme du jour et le récit des heures précédentes. En réponse à une question d’un journaliste qui se reconnaîtra, je précise à ce propos que je m’octroie deux jours de pause le week-end avec mes billets sur ce « blog-notes » de campagne. Pour le reste, il y aura bien un billet par jour jusqu’au 23 octobre prochain...

Le programme du jour : matinée au bureau – séance de commission parlementaire l’après-midi – petite mobilisation et distribution de tract pour « Vivre et voter ici » dès 17h à Lausanne

Le vendredi et le week-end en bref : très sympathique fête de lancement de campagne des Verts VD à Lausanne vendredi soir – passage rapide au stand des Verts de Morges samedi matin – séance extraordinaire du bureau des Verts VD dimanche matin

  • Nombre de courriels concernant la politique sur les trois jours : 90
  • Nombre de téléphones concernant la politique sur les trois jours : 3
  • Nombre d’heures consacrées à la politique sur les trois jours : 10

La politique et le Coca-Cola

Les Suisses sont en général très réticents à parler politique en-dehors des espaces spécialement prévus à cet effet. Il suffit de voyager un peu pour mesurer l’ampleur de la différence qui nous sépare par exemple des Français. En France, il ne s’écoule pas cinq minutes à une table d’hôte sans que l’un des convives n’aborde l’actualité politique ou ne se lance dans une diatribe contre le gouvernement. La tabou suisse autour de la politique a une conséquence immédiate : le militantisme n’a pas la cote. L’espace dévolu au militantisme dans la rue est très précisément délimité, confiné à un strict minimum. Récemment, il a même fallu un arrêt du Tribunal fédéral pour rappeler que la récolte de signatures sur le domaine public est un droit fondamental qui ne peut être restreint qu’à des conditions très sévères.

La semaine passée, j’ai de nouveau été confronté à cette attitude de méfiance – de défiance devrais-je dire – face aux militants politiques. Nous étions mardi matin dès 6h30 à la gare de Lausanne pour y distribuer des tracts pour « Vivre et voter ici ». Nous avions décidé de nous placer dans le passage sous voies, là où convergent tous les passagers. Nous étions trois personnes et n’avions ni table, ni matériel envahissant, juste une pile de tracts à distribuer à la main. Il n’a pas fallu attendre bien longtemps avant que le service de sécurité des CFF ne vienne nous interpeller et nous demander de quitter la zone de la gare. Oh, rien de très étonnant jusque-là : les CFF interdisent tout « démarchage » de nature politique dans les gares. Nous avons donc fait « contre mauvaise fortune bon cœur » et sommes allés poursuivre notre infâme travail de prosélytes dans la rue devant la gare.

Deux jours plus tard, je me suis retrouvé nez à nez avec une horde d’employés de Coca-Cola distribuant des canettes de « Coca Zéro » exactement à l’endroit où nous nous étions fait réprimander. Les représentants de Coca-Cola devaient au moins être sept ou huit ; ils avaient avec eux des chariots réfrigérants plutôt volumineux. Après leur passage, les poubelles débordaient littéralement de canettes vides. Ce n’était pas une petite action marketing discrète ; c’était une véritable inondation de Coca-Cola qu’ont subie les pendulaires ! Certes, Coca-Cola a très vraisemblablement fait une demande d’autorisation en bonne en due forme aux CFF. Mais à quoi bon en faire une de notre côté puisque nous connaissons déjà à l’avance leur réponse ?

En Suisse, il est plus facile pour une multinationale d’abreuver le bon peuple de produits publicitaires que pour un militant bénévole de distribuer des tracts visant à enrichir le débat démocratique. Il y a tout de même quelque chose qui cloche.